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VIRUS MPOX : CE QUE L’ON SAIT DE CETTE EPIDEMIE QUI S’ACCELERE EN AFRIQUE

Creator : MANAGERS Vues : 98 vues Created : 3 mois, 1 semaine
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Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché le 14 août 2024 son plus haut niveau d’alerte (“urgence de santé publique de portée internationale”) face à la propagation du Mpox, aussi connu sous le nom de variole du singe, nous faisons le point sur cette maladie — connue depuis les années 1970 — et sur son épidémie qui reste préoccupante en Afrique. 

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché le 14 août 2024 son plus haut niveau d’alerte (“urgence de santé publique de portée internationale”) face à la propagation du Mpox, aussi connu sous le nom de variole du singe, nous faisons le point sur cette maladie — connue depuis les années 1970 — et sur son épidémie qui reste préoccupante en Afrique.

 Pourquoi l’épidémie s’accélère ?

Pendant de nombreuses années, de petites flambées épidémiques localisées ont régulièrement eu lieu en Afrique centrale et de l’Ouest, certains pays comme la RDC, le Nigeria, le Liberia ou encore le Cameroun étant des zones endémiques du virus. Mais c’est en 2022 que l’OMS déclare l’épidémie comme une urgence sanitaire mondiale après que plus de 75 pays non endémiques dont les États-Unis, l’Australie, le Canada et une grande partie de l’Europe ont rapporté des cas.

La propagation de Mpox s’est rapidement calmée dans les pays occidentaux, mais elle a pris un autre tournant ces derniers mois en Afrique où les deux souches connues du virus (clade 1 et clade 2) ont continué à circuler, ce qui a poussé l’OMS à déclencher son plus haut niveau d’alerte. « C’est une maladie qui a évoluée qui n’est plus seulement transmissible d’animal à humain », explique, le Dr Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).

La République démocratique du Congo qui concentre actuellement 96% des cas rapportés de Mpox fait ainsi face à une souche bien plus virulente appelée clade 1b, plus transmissible et plus létale que le clade 2 qui était en cause dans l’épidémie de 2022 dans de nombreux pays occidentaux. Le virus a muté et il se transmet maintenant « d’humain à humain, avec les sécrétions et les contacts, avec les objets utilisés par une personne infectée comme les habits, le lit, une chaise… », détaille le Dr Kaseya. « Des études sont menées car nous suspectons également des transmissions par voie aérienne », précise-t-il.

 

La Suède et le Pakistan ont annoncé avoir découvert leurs premiers cas de Mpox issus du variant clade 1b, ainsi observé pour la première fois hors d'Afrique. « Ce variant se propage très rapidement et s'étend à des pays d'Afrique qui ne l'avaient jamais vu auparavant, comme le Rwanda, le Kenya et le Burundi. Nous observons de nombreux cas au Burundi et en Ouganda et ce sont des pays qui ont beaucoup de contacts avec le reste du monde. Il s'agit donc d'une menace pour le reste du monde »a expliqué la porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé, Margaret Harris. « Il est probable que d'autres cas importés de clade 1 soient enregistrés dans la région européenne au cours des prochains jours et des prochaines semaines », a par ailleurs averti l'organisation onusienne.

 QU’EST-CE QUE LE MPOX ?

 Anciennement appelé “monkeypox” (variole du singe), le virus a été rebaptisé Mpox par l’OMS en 2022.

LES CLADES DU VIRUS

On distingue désormais plusieurs “types” (clades) de Mpox, avec des dynamiques différentes :

POURQUOI CETTE EPIDEMIE S’AGGRAVE EN AFRIQUE

Déclaration d’urgence

En août 2024, l’OMS a déclaré l’épidémie de Mpox en Afrique comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), en raison de la propagation de clade 1 (et notamment de 1b) dans plusieurs pays.

Propagation géographique

Depuis fin 2023 / début 2024, le virus s’est étendu à plusieurs pays au-delà de la RDC (le principal foyer), notamment vers le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie, et d’autres.

Réponse coordonnée

En avril 2025, l’OMS et l’Africa CDC ont mis à jour leur plan de riposte continental : l’objectif est à la fois de contrôler les flambées actuelles, d’élargir la vaccination, et de mettre en place une réponse à plus long terme.

Amélioration de la surveillance

Certains pays africains ont renforcé leur surveillance (détection de cas, tests, prévention) : d’après l’OMS, depuis octobre 2024 plusieurs nations (République du Congo, Gabon, Guinée, Afrique du Sud…) sont passées en “phase de contrôle” (aucun nouveau cas depuis plusieurs semaines).

Charge en RDC

Malgré les efforts, la République démocratique du Congo reste le pays le plus touché : elle représentait près de 80 % des cas confirmés dans la région selon un bilan de l’OMS fin 2024.

Financement et défis logistiques

Le plan de riposte nécessite des ressources importantes : selon l’Africa CDC et l’OMS, plus de 220 millions USD sont mobilisés ou nécessaires pour combler les lacunes, notamment pour la vaccination et l’intégration du Mpox dans les services de santé réguliers.

Situation de l’alerte maintenue

En juillet 2025, le Comité d’urgence International (Règlement sanitaire) de l’OMS a réévalué la situation : il a jugé que l’épidémie de Mpox continue de représenter une USPPI.

QUELS SONT LES SYMPTOMES ET COMMENT S'EN PROTEGER ?

 Le Mpox provoque des lésions cutanées douloureuses, souvent sur la peau et les muqueuses, ainsi que de la fièvre, des maux de tête, des courbatures, de la fatigue et des ganglions enflés.

Après une période de six jours jusqu'à trois semaines d'incubation, les premiers symptômes sont d'ordres généraux et ressemblent à ceux d'un état grippal : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, fatigue... Apparaissent ensuite les lésions cutanées qui peuvent parfois s'avérer douloureuses et laisser des cicatrices, mais « avec l'apparition de nouvelles souches, il y a désormais aussi des cas où les lésions cutanées apparaissent avant les symptômes généraux », précise le Dr Jean Kaseya.

La guérison intervient en général en deux à quatre semaines, mais pour se protéger du virus auquel on ne connaît pas pour le moment de traitement curatif, le plus efficace reste de garder une bonne hygiène corporelle et de se laver régulièrement les mains. Les personnes ayant de multiples partenaires sexuels doivent également se montrer particulièrement vigilantes. Car, s'il est avéré que le virus se transmet via des contacts rapprochés.

Enjeux et risques

L’épidémie de Mpox en Afrique n’est pas “un simple retour” : elle présente de nouveaux défis, avec des souches plus transmissibles, une propagation élargie et des besoins de réponse à plus long terme. La déclaration de l’OMS en 2024 et les stratégies mises à jour en 2025 témoignent de l’ampleur de la menace et de la volonté de renforcer la riposte. Cependant, les progrès doivent se poursuivre : vacciner, surveiller, fournir des soins, et mobiliser des ressources durables.

 MPOX : UN VIRUS DE PLUS EN PLUS DANGEREUX EN AFRIQUE

L’épidémie de Mpox (anciennement “variole du singe”) bat son plein en Afrique, avec une inquiétude croissante autour d’un variant particulièrement virulent. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré, le 14 août 2024, que la situation constituait une urgence de santé publique de portée internationale, les données les plus récentes montrent que la menace ne faiblit pas.

Un variant plus mortel

Jusqu’ici, le Mpox était considéré comme nettement moins virulent que la variole (“smallpox”). Mais l’émergence d’un nouveau sous-clade — le clade 1b, particulièrement actif en République démocratique du Congo (RDC) — change la donne. Selon les autorités sanitaires, ce variant pourrait entraîner un taux de mortalité bien plus élevé.

– En RDC, le Clade I est le seul détecté à ce jour. – Au 26 mai 2024, l’OMS fait état de 7 851 cas confirmés et 384 décès, soit un taux de létalité (CFR) de 4,9 %.

– L’Africa CDC indique, dans un rapport du 30 juillet 2024, que sur l’ensemble du continent, le nombre de cas a augmenté de 160 % en 2024 par rapport à 2023, avec un CFR de 3,2 %.

– Les experts évoquent même un taux de létalité pouvant aller jusqu’à 10 % chez les enfants dans certains contextes liés au clade 1b.

 Le vaccin, le seul traitement pour endiguer l'épidémie

Les vaccins développés pour immuniser contre la variole sont également efficaces à 80% contre le Mpox, ce qui pourrait permettre de venir assez rapidement à bout de l'épidémie. Mais depuis l'annonce de l'éradication de la maladie en 1980 par l'OMS, les campagnes de vaccination ont été stoppées, ce qui pourrait d'ailleurs en partie expliquer cette recrudescence de Mpox. « La vaccination contre la variole qui protégeait par réaction croisée contre la variole du singe a permis de la garder étouffée pendant longtemps, mais les personnes nées depuis l'arrêt de la vaccination contre la variole n’ont pas été vaccinées, ce qui fait un nombre de réservoirs plus importants de personnes susceptibles de contracter la variole du singe, expliquait en 2022 sur RFI l'épidémiologiste de l'Institut Pasteur, Arnaud Fontanet. C’est un des éléments qui pourrait expliquer pourquoi ce virus se met à circuler de plus en plus ». 

En déclenchant son plus haut niveau d'alerte, « l'urgence de santé publique de portée internationale » en 2024, l'OMS va pouvoir donner la priorité sur le plan financier à la lutte contre le virus Mpox, alors que son budget est fortement encadré. Près d'1,5 million de dollars ont déjà été débloqués par l'OMS sur le fonds d'urgence. L'organisation juge que son plan de réponse nécessite au moins 15 millions de dollars de montant initial. L'annonce de l'OMS doit aussi permettre de débloquer des fonds pour l'accès à des vaccins en Afrique.

Car si des vaccins contre le Mpox existent, leur nombre est encore trop faible, en particulier sur le continent africain. L'agence de santé de l'Union africaine Africa CDC a annoncé que quelque 200 000 doses étaient déployées en Afrique. Un appui de l'Union européenne (UE) avec le fabricant danois Bavarian Nordic qui se dit en capacité de produire deux millions de doses supplémentaires d'ici fin 2024 et jusqu'à dix millions d'ici fin 2025.

Une situation qui appuie encore un peu plus l'urgence pour l'Afrique d'acquérir son indépendance vaccinale. « On nous dit qu'il y a actuellement un stock de 200 000 doses de vaccins à travers le monde, alors qu'un pays comme la RDC en réclame déjà trois millions », déplore le Dr Jean Kaseya. « Commencer à produire nos propres vaccins et nos propres médicaments, c'est pour moi le combat du siècle », conclut le directeur de l'Africa CDC.


 

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