VERON MOSENGO-OMBA UNE ÉTOFFE À LA TÊTE DE LA FECOFA
Le football congolais
tourne une nouvelle page. Après plusieurs années de transition et
d’incertitudes institutionnelles, la Fédération congolaise de football
association (FECOFA) a enfin un président élu. Le 20 mai dernier, à Kinshasa,
Véron Mosengo-Omba a été porté à la tête de l’instance faîtière du football
national, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour le ballon rond congolais. Cette
élection marque la fin d’une longue période de gestion intérimaire amorcée
après la démission de Constant Omari, président de la FECOFA entre 2003 et
2021. Depuis son départ, la fédération fonctionnait sous la supervision du
Comité de normalisation (CONOR), mis en place en 2022 avec pour mission de
restaurer la confiance, conduire les réformes institutionnelles et organiser de
nouvelles élections.
Par François-Joseph
Mukandila
UN TECHNOCRATE DU FOOTBALL AFRICAIN
À 56 ans, Véron Mosengo-Omba n’est pas un inconnu dans les
sphères du football international. Juriste de formation, diplômé du Centre
international d’études du sport (CIES) en Suisse, il s’est forgé une solide
réputation dans l’administration sportive. En 2016, il rejoint la Fédération
internationale de football association (FIFA), où il dirige la division des
associations membres d’Afrique et des Caraïbes. Son ascension se poursuit en
2021 lorsqu’il est nommé secrétaire général de la Confédération africaine de
football (CAF), fonction qu’il occupera jusqu’en mars 2026. Fort de cette expérience
acquise au plus haut niveau du football mondial et continental, Mosengo-Omba
ambitionne désormais de remettre le football congolais sur les rails.
ONZE AXES POUR
RECONSTRUIRE LE FOOTBALL CONGOLAIS
Le nouveau président de la FECOFA arrive avec un programme
structuré autour de onze axes prioritaires. Son ambition : reconstruire la
crédibilité de l’institution, réorganiser les compétitions nationales,
professionnaliser les clubs, renforcer la formation des jeunes et redynamiser
les équipes nationales. Dans un contexte où le football congolais peine à
retrouver son rayonnement d’antan, cette élection suscite à la fois attentes et
espoir. Pour de nombreux observateurs, la FECOFA avait besoin d’un profil
expérimenté, capable de dialoguer avec les instances internationales tout en
comprenant les réalités locales. À l’inverse, certains estiment que Véron
Mosengo-Omba, bien que disposant d’une solide expérience au niveau des
instances internationales, pourrait être perçu comme ayant une connaissance
limitée du contexte local, en raison de son parcours principalement développé
au sein de la diaspora et des structures internationales.
LE DÉFI DE LA COUPE DU MONDE
L’arrivée de Veron Mosengo-Omba intervient à un moment
stratégique. Les Léopards rêvent d’un retour historique sur la scène mondiale,
alors que la République démocratique du Congo attend une qualification à la
Coupe du monde depuis plus de cinq décennies.
Porté par une volonté politique affirmée au sommet de l’État,
le nouveau comité exécutif considère cette campagne mondiale comme un premier
grand test de leadership.
Porté par une volonté politique affirmée au sommet de l’État,
le nouveau comité exécutif considère cette campagne mondiale comme un premier
grand test de leadership. La pression est immense, mais l’espoir demeure
intact. Le nouvel exécutif est composé de quatre vice-présidents, parmi
lesquels Diaby Amadou, ancien président de l’AS Vita Club, ainsi que onze
membres issus aussi bien des clubs que des ligues provinciales. Une équipe
présentée comme proche des réalités du terrain et déterminée à reconstruire
durablement le football national.
UN DISCOURS PLACÉ SOUS
LE SIGNE DU RASSEMBLEMENT
Dans son allocution de circonstance, Véron Mosengo-Omba a
insisté sur l’unité, la reconstruction et le travail : « Cette victoire n’est
pas celle d’un homme ou d’une équipe. Elle doit être celle du rassemblement, de
la reconstruction et du travail ». Le nouveau président a également tendu la
main à toutes les sensibilités du football congolais, y compris à ses anciens
adversaires, appelant à une mobilisation collective pour redonner au football
L’organisation de cette élection a été assurée par Lily
Tshimpumpu, secrétaire générale de la FECOFA, après le départ de Belinda
Luntadila de la présidence du CONOR. Selon l’article 37.4 des statuts de la
FECOFA, tout candidat au comité exécutif doit notamment être de nationalité
congolaise, résider de manière permanente en RDC, être âgé d’au moins 25 ans et
jouir de ses droits civiques. Le texte exige également une implication d’au
moins trois ans dans le football congolais, que ce soit comme dirigeant de club
ou de ligue, entraîneur, arbitre international, médecin sportif, ancien joueur
ou promoteur de centre de formation affilié à la FECOFA.
Son slogan résume à lui seul la philosophie de son mandat : «
Refonder pour structurer. Structurer pour gagner »
L’HEURE DU RENOUVEAU
Après des années de turbulences administratives et de
divisions internes, le football congolais entre dans une phase décisive de son
histoire. L’élection de Véron Mosengo-Omba apparaît comme une tentative de
stabilisation institutionnelle, mais surtout comme un pari sur l’expertise et
la gouvernance moderne. Reste désormais à transformer les promesses en
résultats concrets. Car au-delà des discours et des ambitions, les supporters
congolais attendent avant tout une chose : revoir les Léopards rugir sur la
scène africaine et mondiale.
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