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PROFESSEUR JEAN ROSAIRE IBARA, MINISTRE DE LA SANTE ET DE LA POPULATION DE LA REPUBLIQUE DU CONGO

Creator : MANAGERS Vues : 10 vues Created : 18 heures, 28 minutes
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Réélu à la tête de la République du Congo, le président Denis Sassou-N’Guesso poursuit son ambition de bâtir un système de santé plus performant, plus résilient et plus accessible. Chargé de mettre en œuvre cette vision depuis sa nomination le 14 janvier 2025, le professeur Jean Rosaire Ibara, ministre de la Santé et de la Population, dresse, dans un entretien exclusif accordé à Le Metropolis, le bilan des réformes engagées, évoque les principaux défis du secteur et présente les priorités de son action pour les cinq prochaines années. Entretien.

Par Jérôme Batungassana

La santé est une vocation que j'ai choisie dès ma jeunesse. C'est donc avec passion, engagement et sens du devoir que j'accomplis cette noble mission.

 

LE METROPOLIS :

Monsieur le Ministre, vous dirigez le ministère de la Santé et de la Population depuis le 14 janvier 2025. À l’heure où le président Denis Sassou-N’Guesso entame un nouveau mandat, quel bilan dressez-vous des politiques de santé mises en œuvre sous son leadership ? Quels sont, selon vous, les acquis les plus significatifs ?

PROFESSEUR JEAN ROSAIRE IBARA : Je voudrais tout d’abord remercier chaleureusement Le Metropolis pour le privilège qui m’est offert de m’exprimer dans vos colonnes. C’est un honneur de pouvoir partager avec vos lecteurs les grandes orientations de notre politique de santé, à un moment où la République du Congo poursuit résolument la modernisation et le renforcement de la résilience de son système de santé.

 

Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Denis Sassou-Nguesso, Président de la République, Chef de l’État, ainsi qu’à Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement, pour la confiance qu’ils m’ont accordée en me confiant la conduite des politiques publiques de santé. Cette confiance constitue pour moi un honneur, mais surtout une responsabilité que j’assume avec la rigueur du médecin et la détermination de l’homme d’État.

 

La santé est une vocation que j’ai choisie dès ma jeunesse. C’est donc avec passion, engagement et sens du devoir que j’accomplis cette noble mission. Chaque réforme engagée, chaque décision prise dans ce secteur représente un engagement en faveur de la vie et un contrat moral avec nos concitoyens. C’est dans cet esprit de responsabilité, d’écoute et de mobilisation collective que je répondrai à vos questions.

 

Sous le leadership du président Denis Sassou-N’Guesso, une étape décisive a été franchie : la santé est désormais placée au cœur de l’action publique. Parmi les acquis les plus marquants figurent la gratuité de certains soins essentiels, notamment la prise en charge du paludisme et des césariennes, ainsi que la construction des hôpitaux généraux de Djiri, à Brazzaville, de Ngoyo, à Pointe-Noire, de Sibiti, dans le département de la Lékoumou, et de Ouesso, dans la Sangha.

À ces réalisations s’ajoutent les chantiers actuellement en cours à Kinkala et à Impfondo, qui contribueront à renforcer davantage l’offre de soins sur l’ensemble du territoire national.

 

Il convient de souligner que ces établissements sont tous dotés d’équipements médicaux de dernière génération et participent à la volonté du Chef de l’État de doter l’ensemble du territoire national d’infrastructures sanitaires modernes. Par ailleurs, la modernisation progressive des hôpitaux se poursuit, notamment à travers la réhabilitation et l’équipement de l’hôpital spécialisé mère enfant Blanche Gomes, ainsi que l’élaboration d’une feuille de route nationale pour la Couverture Sanitaire Universelle. Ces avancées traduisent une volonté politique forte et une responsabilité collective.

 

La santé est une vocation que j'ai choisie dès ma jeunesse. C'est donc avec passion, engagement et sens du devoir que j'accomplis cette noble mission.

 

Au cours des dernières années, plusieurs réformes et investissements ont été engagés dans le secteur de la santé. Quels programmes, infrastructures ou initiatives illustrent le mieux cette volonté de moderniser le système sanitaire congolais ?

Les initiatives les plus emblématiques sont sans conteste la construction de nouvelles infrastructures hospitalières répondant aux standards internationaux, comme je viens de le souligner. À cela s’ajoutent des réformes majeures visant à améliorer la gouvernance du système de santé et la performance des programmes de santé publique.

 

Je citerai notamment le renforcement de la chaîne d’approvisionnement en médicaments et produits de santé destinés aux programmes de lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, mis en œuvre en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Ces actions témoignent de notre volonté de rapprocher les soins des populations, de sécuriser l’approvisionnement en médicaments essentiels et d’améliorer la traçabilité ainsi que l’efficacité de nos interventions.

 

Comment évaluez-vous aujourd’hui l’état du système de santé congolais ? Quelles en sont les principales forces, mais aussi les défis prioritaires auxquels votre ministère devra répondre durant ce nouveau quinquennat ?

Notre principale force réside dans l’engagement remarquable des professionnels de santé, la clarté de nos orientations stratégiques et la capacité de notre pays à faire face aux urgences sanitaires. À chaque menace épidémique dans la sous-région, le Congo a démontré sa capacité à réagir rapidement afin de protéger sa population. Cette résilience est le fruit d’une organisation solide, d’une surveillance épidémiologique permanente et d’une mobilisation de tous les acteurs. Les défis restent toutefois importants : renforcer les ressources humaines, réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins, moderniser les plateaux techniques, accélérer la transformation numérique du système de santé et consolider la gouvernance hospitalière.

 

La mise en œuvre de la Caisse d’assurance maladie universelle (CAMU) constitue l’un des projets les plus attendus par les Congolais et un levier essentiel pour atteindre la couverture sanitaire universelle, conformément à l’Objectif de développement durable n° 3. Où en est aujourd’hui ce projet ?

La CAMU constitue l’une des réformes sociales les plus importantes de ce nouveau mandat. Son déploiement sera progressif afin de garantir sa viabilité et son efficacité. Les premières bénéficiaires seront les populations les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes, les enfants, les personnes vivant avec un handicap et les personnes en situation de grande précarité.

 

La CAMU prendra en charge un panier de soins essentiels, comprenant notamment les urgences vitales et les soins obstétricaux. À terme, elle permettra de réduire les dépenses directes des ménages et de rapprocher le Congo de l’objectif de couverture sanitaire universelle. C’est un puissant instrument de justice sociale et de solidarité nationale.

 

Le partenariat public-privé est désormais considéré comme un levier majeur de modernisation des systèmes de santé. Quelle place occupe-t-il dans votre stratégie ?

Le partenariat public-privé constitue effectivement un levier stratégique de modernisation. La République du Congo s’est dotée d’un cadre juridique spécifique avec la loi n° 88-2022 du 30 décembre 2022 relative au partenariat public-privé, ainsi que d’un ministère chargé de sa mise en œuvre. Cette volonté politique traduit notre ambition de mobiliser davantage les investissements privés au service de la santé publique. Nous souhaitons renforcer la coopération dans la construction et la gestion des infrastructures hospitalières, la transformation numérique, la télémédecine, les équipements biomédicaux et l’innovation.

 

À chaque menace épidémique dans la sous-région, le Congo a démontré sa capacité à réagir rapidement afin de protéger sa population.

 

Une priorité majeure consiste également à développer une industrie pharmaceutique nationale capable de produire localement des médicaments génériques et essentiels afin de renforcer notre souveraineté sanitaire, réduire notre dépendance aux importations et garantir un approvisionnement régulier des populations.

 

Les ressources humaines constituent l’un des principaux défis du système de santé. Quelles mesures envisagez-vous pour améliorer la formation, le recrutement et la répartition des professionnels de santé ?

Grâce à la coopération exemplaire entre la République du Congo et la République de Cuba, plus de 2 000 médecins ont été formés. Les trois promotions sont aujourd’hui de retour au pays et participent au renforcement de notre système de santé. Près des deux tiers ont déjà été intégrés dans la fonction publique et affectés dans les différentes structures sanitaires, tandis que les autres exercent sous contrat avec le ministère dans l’attente de leur intégration définitive.

Nous poursuivrons les recrutements afin d’améliorer progressivement le ratio médecins-population conformément aux recommandations de l’OMS. Nous continuerons également à renforcer la motivation des personnels de santé, à améliorer leurs conditions de travail et à assurer une répartition plus équilibrée des compétences sur l’ensemble du territoire national.

 

La diaspora congolaise regorge de médecins, chercheurs et spécialistes de haut niveau. Quelle stratégie le Gouvernement entend-il mettre en œuvre pour mobiliser ces compétences ?

J’ai moi-même exercé la médecine en France à l’issue de ma spécialisation. Pourtant, j’ai fait le choix de rentrer au pays afin de mettre mes compétences au service de mes compatriotes. Cette expérience personnelle rejoint l’appel lancé à plusieurs reprises par Son Excellence Monsieur Denis Sassou-N’Guesso aux Congolais de la diaspora : revenir contribuer au développement national.

 

La santé est une vocation que j'ai choisie dès ma jeunesse. C'est donc avec passion, engagement et sens du devoir que j'accomplis cette noble mission.

 

Je m’associe pleinement à cet appel. Le Congo a besoin de toutes ses compétences. Nous développons des mécanismes permettant d’impliquer davantage la diaspora à travers des missions d’expertise, des programmes de recherche, des transferts de compétences et des partenariats universitaires. Nous nous réjouissons d’ailleurs de voir de plus en plus de compatriotes revenir au pays pour participer à la modernisation de notre système de santé.

 

Le renforcement des compétences passe également par la formation. Comment votre ministère entend-il consolider les partenariats avec les universités et les institutions internationales ?

Le partenariat entre le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville et l’Université Marien-Ngouabi constitue un modèle de coopération entre les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur.

Nous souhaitons aller encore plus loin. L’Institut national de biologie et de veille sanitaire, récemment inauguré par le Président de la République, a vocation à devenir un centre d’excellence en matière de recherche, de formation et de surveillance épidémiologique pour le Congo et l’Afrique centrale. Nous poursuivrons le développement de partenariats avec les universités, les facultés de médecine et les institutions internationales afin de renforcer la qualité de la formation, promouvoir la recherche biomédicale et mieux préparer notre pays aux défis sanitaires de demain.

 

 

 

 

 

 

Le Congo poursuit la lutte contre le paludisme, la tuberculose, le VIH/ sida et d’autres maladies transmissibles. Quels résultats ont été obtenus ces dernières années ?

La lutte contre les grandes maladies transmissibles demeure une priorité nationale. Grâce à l’engagement du Gouvernement et à l’appui de nos partenaires, nous assurons la gratuité des traitements contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.

 

Le Président de la République nous a donné des instructions très claires : aucune rupture de médicaments ne doit intervenir. Cette exigence traduit une volonté politique forte de garantir un accès permanent aux traitements essentiels. En parallèle, nous renforçons les capacités de surveillance épidémiologique, les laboratoires, les équipes d’intervention rapide et les dispositifs de préparation aux urgences sanitaires afin de protéger durablement les populations.

 

Le financement demeure un enjeu majeur pour la transformation du système de santé. Quelle contribution attendez-vous des partenaires techniques et financiers ?

 

Nous nous réjouissons d'ailleurs de voir de plus en plus de compatriotes revenir au pays pour participer à la modernisation de notre système de santé.

 

Le financement constitue effectivement l’un des principaux défis de notre système de santé. L’État augmente progressivement les ressources consacrées à ce secteur, mais les besoins restent considérables. C’est pourquoi nous continuerons à renforcer notre coopération avec les partenaires techniques et financiers, dont l’appui demeure essentiel pour accélérer la mise en œuvre de nos réformes. En retour, nous veillerons à garantir une gestion rigoureuse, transparente et performante des ressources publiques. C’est à cette condition que nous préserverons la confiance de nos partenaires et assurerons la pérennité des progrès réalisés au bénéfice de la population congolaise.

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