#
🌍 Langue active : fr | 🔗 URL : /fr/blogs/pr-judith-nsonde-malanda-une-vie-au-service-de-la-lutte-contre-le-cancer/

PR JUDITH N’SONDE MALANDA : UNE VIE AU SERVICE DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER

Creator : MANAGERS Vues : 217 vues Created : 5 mois, 3 semaines
blog's thumbnail

PORTRAIT D’UNE PIONNIERE DE LA CANCEROLOGIE CONGOLAISE

Au Congo-Brazzaville, le mot cancer résonne encore trop souvent comme une condamnation. Pourtant, une femme se dresse depuis plus de trois décennies pour transformer cette fatalité en combat d’espérance : le Professeur Judith N’Sondé Malanda, cancérologue, cheffe adjointe du service de cancérologie du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHUB) et directrice du Programme national de lutte contre le cancer.

Par Paul-Daniel Okemba

Une vocation au service de la vie

Engagée depuis plus de 30 ans dans le domaine de la cancérologie, le Pr N’Sondé Malanda incarne l’excellence, la rigueur et l’humanité du corps médical congolais. Professeure titulaire au CAMES depuis 2021, elle forme la relève en tant que responsable du parcours Cancérologie à la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université Marien Ngouabi. Depuis 2024, elle dirige également le service de Cancérologie du CHU de Brazzaville, où elle œuvre chaque jour à améliorer la prise en charge des patients et à renforcer les compétences des équipes soignantes. Femme de conviction, elle préside aussi l’Association des Femmes Médecins du Congo et occupe le poste de vice-présidente de l’Organisation africaine pour la recherche et l’enseignement sur le cancer (OAREC).

Un engagement de terrain

Tout au long de sa carrière, la Professeure a accompagné des milliers de patients, notamment des femmes atteintes des deux cancers les plus fréquents au Congo : le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus. Ces pathologies, responsables de la majorité des décès par cancer dans le pays, révèlent un constat alarmant : le retard au diagnostic. « Ce que j’ai constaté depuis le départ, c’est le manque d’information dont les gens sont victimes, confie-t-elle. Même une partie du personnel soignant n’est pas suffisamment sensibilisée. L’ignorance tue plus que la maladie. Plus de 80 % des femmes viennent à l’hôpital à un stade avancé, ce qui explique le fort taux de décès ».

Pour inverser cette tendance, le Pr N’Sondé Malanda s’est associée à des survivantes du cancer afin de porter le message directement à la population. « Nous allons à la rencontre des femmes, dans les églises, les mairies, les quartiers. Nous leur parlons des signes avant-coureurs et insistons sur un message simple : le dépistage précoce sauve des vies ».

Une stratégie nationale pour un défi global

Sous sa direction, le Programme national de lutte contre le cancer (PNLC) agit comme un levier essentiel de la politique sanitaire du gouvernement. Son objectif : coordonner, planifier et évaluer les actions de prévention, de dépistage et de traitement des cancers.

Le Pr N’Sondé insiste sur le rôle déterminant des plans stratégiques : « Dans la lutte contre le cancer, les armes les plus importantes sont les textes. Nous appliquons la politique nationale, et nous finalisons un plan stratégique visant à améliorer la prise en charge, réduire les risques et garantir un dépistage accessible à tous ».

Cette approche s’inscrit dans la stratégie mondiale de l’OMS pour éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2030, qui repose sur trois piliers : la vaccination contre le VPH, le dépistage précoce et le traitement efficace des lésions précancéreuses.

Le cancer : un problème de santé publique mondial

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’OMS, le nombre de nouveaux cas de cancer est passé de 14,1 millions en 2012 à 19,2 millions en 2020, et pourrait augmenter de 60 % d’ici 2040. En Afrique subsaharienne, la hausse attendue dépasse 80 %, avec une mortalité liée aux cancers féminins particulièrement élevée.

Au Congo, les statistiques du Globocan 2020 font état de 2 478 nouveaux cas pour 1 595 décès, soit un risque de 9,7 % de développer un cancer avant 75 ans. Les cancers pédiatriques représentent environ 8 % des cas recensés. Ces données traduisent l’ampleur du défi : accès limité aux soins, coût élevé des traitements, manque d’équipements et de ressources humaines qualifiées.

Une vision pour l’avenir

Pour le Pr Judith N’Sondé Malanda, la lutte contre le cancer dépasse la seule sphère médicale : « C’est une cause sociale et humaine. Il faut informer, prévenir, soigner, mais aussi soutenir les malades et leurs familles. La prise en charge doit être à la portée de tous ». Son ambition est claire : faire du Congo un pays capable de détecter tôt, soigner efficacement et prévenir durablement le cancer.

Par son parcours, sa détermination et sa vision humaniste, le Pr N’Sondé Malanda incarne une génération de médecins africains qui refusent la résignation. Une pionnière qui croit, plus que jamais, que la science et la solidarité peuvent vaincre le cancer.

 

 

 

0 likes
Commentaires : 0

Commentaires : (0)

Aucun commentaire pour le moment.

Se connecter