MADAME ADAMA-DIAN BARRY, REPRÉSENTANTE RÉSIDENTE DU PNUD EN RÉPUBLIQUE DU CONGO
À la tête du Programme des Nations
Unies pour le développement (PNUD) en République du Congo depuis 2023, Madame
Adama-Dian Barry pilote les interventions de l'institution dans des domaines stratégiques
tels que la santé, la gouvernance, le climat, l'emploi des jeunes et le
développement durable.
Forte d'une riche expérience
acquise au sein du système des Nations Unies dans plus d'une vingtaine de pays,
elle accompagne les autorités congolaises dans la mise en oeuvre des priorités
nationales et des Objectifs de développement durable (ODD).
Dans cet entretien accordé au
magazine LE METROPOLIS, la Représentante résidente revient sur les progrès
accomplis dans le renforcement du système de santé congolais, les résultats obtenus
grâce au partenariat entre le Gouvernement, le PNUD et le Fonds mondial, ainsi
que les défis liés à la baisse des financements internationaux. Elle évoque
également les nouvelles approches portées par le PNUD en faveur d'un
développement plus inclusif, fondé sur l'économie verte, la résilience climatique,
l'égalité de genre, l'autonomisation des jeunes et un financement plus durable
des politiques publiques. Entretien.
Propos recueillis par Jérôme Batungassana
« LA SANTE EST UN LEVIER ESSENTIEL DU DEVELOPPEMENT DURABLE »
LE METROPOLIS :
Madame la Représentante résidente, votre parcours vous a
conduite à exercer de hautes responsabilités dans plusieurs pays avant votre
nomination en République du Congo. En quoi cette expérience internationale influence-t-elle
votre approche du développement et quelles priorités avez-vous fixées depuis
votre prise de fonctions au Congo ?
MADAME ADAMADIAN BARRY :
Merci beaucoup de me rappeler le parcours qui est le mien et qui a
certainement conduit le PNUD à porter son choix sur ma personne pour
représenter l’institution en République du Congo. Pour moi, c’est un réel
privilège de servir, car travailler au PNUD signifie servir l’humanité, servir
l’humain. C’est d’abord une conviction personnelle. Le rôle du PNUD en
République du Congo est d’accompagner la réalisation des priorités du
Gouvernement afin de créer du bien-être pour l’ensemble de la population
congolaise, où qu’elle se trouve sur le territoire. Dès mon arrivée en juillet
2023, l’une des premières grandes étapes a été l’accompagnement du PNUD dans
l’organisation du Sommet des Trois Bassins des écosystèmes de biodiversité et
des forêts tropicales, qui s’est tenu à Brazzaville.
Le Sommet des Trois Bassins s’est tenu du 26 au 28 octobre 2023 à
Brazzaville. Il a rassemblé des acteurs pour unir les trois grands poumons
écologiques de la planète : l’Amazonie, le Bassin du Congo et la région
Bornéo-Mékong-Asie du Sud-Est, NDLR]. Ce fut un moment important pour le
développement humain durable, dans un pays doté d’un capital naturel exceptionnel
comme le Congo.
Le bassin du Congo est considéré comme l’un des plus grands réservoirs
écologiques mondiaux. L’enjeu est donc de permettre aux pays concernés de
transformer durablement ce capital naturel en véritable levier de prospérité et
de développement, notamment à travers la transition écologique et des
mécanismes comme le marché carbone. La question de la santé est également
intimement liée à cette préservation du capital naturel. Lorsque l’environnement
se dégrade, les risques de catastrophes naturelles augmentent, tout comme les menaces
sanitaires liées à l’émergence de nouvelles maladies. Le Congo figure parmi les
pays particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques.
Par la suite, dans le cadre du Sommet des Objectifs de
développement durable organisé en marge de l’Assemblée générale des Nations
Unies, le PNUD a accompagné la République du Congo dans l’identification de trois
priorités majeures : la réduction des inégalités, la construction de villes et
communes résilientes ainsi que la promotion d’une croissance économique
durable.
J’ai également eu l’honneur d’accompagner la Directrice régionale
du PNUD pour l’Afrique lors d’une audience avec Son Excellence Monsieur Denis Sassou-N’Guesso,
Président de la République, qui a réaffirmé sa volonté d’accélérer la
réalisation du bien-être pour toutes les populations congolaises. C'est en
soutien à cette vision que le PNUD a accompagné le Gouvernement et les
collectivités territoriales dans l'identification des besoins prioritaires des
populations à travers les 90 districts de la République du Congo. Ce diagnostic
a permis au Gouvernement, avec l'appui du PNUD, de mettre en place le Programme
accéléré de développement communautaire (PADC), qui vise à accélérer le développement
de l'ensemble des régions grâce à la réalisation d'infrastructures et à la mise
en place d'équipements socioéconomiques dans des secteurs essentiels tels que
la santé, l'éducation, l'accès à l'eau potable, l'énergie, l'agriculture et l'entrepreneuriat.
Ce programme s'inscrit pleinement dans la mise en œuvre du projet
de société de Son Excellence Monsieur Denis Sassou-N'Guesso, Président de la
République, Chef de l'État, en plaçant le bien-être des populations au coeur de
l'action publique..
Le rôle du PNUD en République du Congo est d’accompagner la
réalisation des priorités du Gouvernement afin de créer du bien-être pour
l’ensemble de la population congolaise, où qu’elle se trouve sur le territoire.
Aujourd’hui, notre mot d’ordre au PNUD en République du Congo est clair
: accompagner activement le Gouvernement dans la réalisation d’un bien-être
intégral pour toutes les populations congolaises, à Brazzaville comme à
Pointe-Noire, à Impfondo, à Épéna, à Sibiti et partout ailleurs sur le
territoire national.
Après plus de trois ans à la tête du PNUD en République du
Congo, quel regard portez-vous sur les progrès réalisés par le pays en matière
de santé publique, et quels sont, selon vous, les principaux défis qui restent
à relever ?
Aujourd’hui, en République du Congo, la santé et le bien-être des
populations représentent près de 80% de l’empreinte du programme du PNUD. C’est
dire toute l’importance que nous accordons à ce secteur.
L’année dernière, plus de 265 000 personnes ont bénéficié directement
des services de santé déployés par le Gouvernement, notamment à travers les
programmes nationaux soutenus par le PNUD. Parmi ces bénéficiaires, 60% étaient
des femmes. Plus de 3500 professionnels de santé ont également bénéficié
directement de nos interventions. Au-delà de ces chiffres, l’impact réel est encore
plus important.
Lorsque le PNUD installe une douzaine d’incinérateurs de déchets
biomédicaux dans plusieurs hôpitaux du pays, fournit des équipements de
diagnostic et de laboratoire de dernière génération ou renforce les capacités
des sages-femmes afin de garantir des accouchements plus sûrs et de prévenir la
transmission de maladies telles que le VIH/ Sida, les bénéficiaires indirects
sont innombrables. Chaque jour, des milliers de patients profitent de ces
infrastructures et de ces équipements, dont les effets s’inscrivent dans la durée.
C’est ainsi que se traduit concrètement l’empreinte du PNUD dans le secteur de
la santé.
Plus spécifiquement, le PNUD est aujourd’hui, à la demande du
Gouvernement, le principal récipiendaire de la subvention accordée par le Fonds
mondial à la République du Congo. Dans le cadre de ce partenariat, qui mobilise
une enveloppe financière importante, et sous le leadership du Ministère de la
Santé, le PNUD accompagne les autorités nationales dans la mise en œuvre
efficace de ces ressources afin d'en maximiser l'impact au bénéfice des
populations. À travers cette intervention, nous contribuons au renforcement et
à la modernisation du système national de santé, tout en facilitant l'accès aux
soins, aux traitements et aux services de santé, en particulier pour les
populations les plus vulnérables, dans les différentes régions et districts
sanitaires du pays. Toutes ces actions s'inscrivent en parfaite cohérence avec
les priorités définies par le Ministère de la Santé dans le cadre du Plan
national de développement sanitaire (PNDS).
Pensez-vous qu’au regard des résultats obtenus sur le terrain,
vous êtes en train de relever ce défi ?
J’en suis convaincue. Mais il serait également intéressant d’avoir
votre regard de journaliste, vous qui êtes au plus près des réalités du
terrain. Pour ma part, cette conviction repose sur les résultats et l’impact
des programmes nationaux que nous accompagnons.
Je pense notamment au Programme national de lutte contre le Sida
(PNLS), au Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), GRAND FORMAT
au Laboratoire national de santé publique ainsi qu’à la Centrale d’achat des
médicaments et des produits de santé. Ce sont des acteurs névralgiques du
système de santé congolais.
Après plusieurs années d’investissements soutenus, nous constatons
avec satisfaction que ces programmes renforcent progressivement leur capacité à
répondre aux besoins des populations. Les progrès sont visibles à travers l’amélioration
de l’accès aux soins, l’augmentation de la couverture des traitements, la
baisse des contaminations pour certaines maladies et une meilleure qualité de
la prise en charge.
Je citerai un exemple concret. Il y a quelques jours, j’ai
effectué une visite au PNLT. En échangeant avec le directeur et ses équipes,
qui finalisaient leur rapport annuel, il m’a indiqué qu’en 2024, près de 6375
décès liés à la tuberculose avaient pu être évités, soit autant de vies sauvées
grâce aux efforts conjoints du Gouvernement et de ses partenaires.
Aujourd’hui, notre mot d’ordre au PNUD en République du
Congo est clair : accompagner activement le Gouvernement dans la réalisation
d’un bien-être intégral pour toutes les populations congolaises, à Brazzaville
comme à Pointe-Noire, à Impfondo, à Épéna, à Sibiti et partout ailleurs sur le
territoire national.
Par ailleurs, le Congo enregistre aujourd’hui des progrès dans la
prise en charge de la tuberculose multi résistante, la forme la plus grave de la
maladie. Grâce au renforcement du dépistage et à une meilleure prise en charge,
les patients guérissent davantage avant que la maladie n’évolue vers des formes
résistantes. Ces résultats montrent que les programmes produisent des effets
concrets sur le terrain. Ils contribuent à améliorer durablement la santé des
Congolais et la qualité de leur prise en charge.
La 26ème Conférence internationale sur le sida, qui s’est tenue
à Rio de Janeiro sous le thème « Repenser, reconstruire, se relever », a mis en
lumière des avancées majeures en matière de prévention, de traitement et de
recherche, dans un contexte marqué par la baisse des financements
internationaux. Quel impact cette nouvelle donne pourrait-elle avoir sur la
lutte contre le VIH au Congo-Brazzaville, et comment le PNUD entend-il accompagner
le pays pour préserver les acquis et accélérer les progrès ?
Cette question renvoie plus largement au financement des services
de santé et, au-delà, au financement du développement. Aujourd’hui, au PNUD,
comme au sein de l’ensemble du système des Nations Unies, nous encourageons une
approche fondée sur le cofinancement et le financement national du développement.
Cette évolution s’observe dans plusieurs régions du monde, notamment en
Amérique latine, où les États et le secteur privé jouent désormais un rôle de
plus en plus important dans le financement du
développement. De nombreux pays africains suivent aujourd’hui une trajectoire
similaire, plusieurs d’entre eux ayant accédé au statut de pays à revenu
intermédiaire.
Cette évolution est le fruit de plusieurs décennies d’efforts
visant à bâtir des systèmes plus résilients, notamment dans le domaine de la
santé. Dans le même temps, les financements extérieurs et les dons ont tendance
à diminuer, comme l’illustrent les récentes réductions de certaines aides
internationales. Face à cette nouvelle réalité, la réponse la plus durable
réside dans une plus grande mobilisation des ressources nationales. Les États
doivent planifier leurs investissements, définir des priorités claires et
orienter leurs budgets vers les secteurs les plus stratégiques afin d’accélérer
la réalisation des Objectifs de développement durable, en particulier dans le
domaine de la santé.
À cet égard, je tiens à saluer l›engagement de la République du
Congo qui, en décembre 2025, a mobilisé près de 6,4 millions d’euros au titre
de sa contrepartie nationale dans le cadre de son partenariat avec le Fonds
mondial. Cet effort constitue un signal fort et s’inscrit pleinement dans la
dynamique de cofinancement que nous encourageons. Le PNUD continuera
d’accompagner le Gouvernement dans cette transition vers un financement plus
durable des politiques de santé. Nous lançons également un appel au secteur
privé afin qu’il prenne une part plus active au financement du développement.
Il est essentiel de mettre en place des mécanismes innovants permettant d’assurer
la pérennité des services de santé, tout en garantissant un accès équitable aux
soins. Dans cette perspective, l’Assurance maladie universelle (CAMU), mise en place
en République du Congo, constitue un levier important pour améliorer la
protection sociale et faciliter l’accès aux soins, notamment pour les
populations les plus vulnérables. En définitive, le défi consiste à diversifier
les sources de financement en renforçant la contribution de l’État, du secteur
privé et des mécanismes nationaux de solidarité, afin de préserver les acquis de
la lutte contre le VIH et de poursuivre les progrès accomplis.
S’il faut rebondir sur la question du financement, le directeur général
de Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, appelle les pays africains à renforcer leur
autonomie en matière de financement de la santé. Pensez-vous que les pays
africains ont les moyens de relever ce défi ?
Je suis très optimiste.
Au mois de mai dernier, Brazzaville a accueilli les Assemblées
annuelles de la Banque africaine de développement. À cette occasion, le Fonds
africain de développement a bénéficié d’une reconstitution historique de ses
ressources, grâce aux contributions de plusieurs États, dont certains participaient
pour la première fois. C’est un signal fort qui témoigne d’une volonté
croissante des pays africains de prendre davantage en main leur développement.
Par ailleurs, nous observons que des financements continuent d’être mobilisés
pour faire face aux pandémies qui touchent notamment l’Afrique centrale.
Cela montre que la solidarité internationale demeure importante,
mais qu’elle doit désormais s’accompagner d’une mobilisation accrue des ressources
nationales.
Les États africains sont conscients des enjeux et, il faut le
rappeler, ils ont toujours été les premiers financeurs de leur propre
développement.
Ce sont eux qui assurent le fonctionnement des administrations
publiques, rémunèrent les personnels de santé et prennent en charge les coûts
de fonctionnement des infrastructures et des équipements, y compris lorsque
ceux-ci sont mis à disposition par les partenaires techniques et financiers.
Les budgets nationaux demeurent donc le socle le plus durable du
financement du développement. Je suis convaincue que l’Afrique est prête à
relever ce défi.
La République du Congo en a donné une illustration en renforçant
sa contribution Nationale au financement de la santé. Dans le même temps, le
secteur privé prend progressivement conscience de son rôle à travers des
politiques de responsabilité sociétale de plus en plus ambitieuses, des
programmes de santé destinés à ses employés et un engagement croissant en faveur
du développement. Les partenariats public-privé se développent également dans le
secteur de la santé. C’est en conjuguant les efforts des États, du secteur
privé et des partenaires au développement que l’Afrique pourra bâtir des
systèmes de santé plus résilients, plus autonomes et plus durables.
Vous avez évoqué le rôle stratégique du Bassin du Congo, deuxième
plus grand massif forestier tropical de la planète et l’un des principaux puits
de carbone au monde. Alors que la santé est désormais au cœur des enjeux du
développement durable, comment le PNUD intègre-til les dimensions du climat, de
l’égalité de genre et de l’engagement des jeunes dans ses programmes en
République du Congo ?
Notre programme en République du Congo est multisectoriel et s’inscrit
en appui au Plan national de développement, dont l’objectif est de créer
davantage de prospérité, notamment à travers la réduction du chômage des
jeunes. Notre priorité est de leur offrir plus d’opportunités en intervenant
principalement sur deux axes : l’employabilité et l’entrepreneuriat. En matière
d’emploi, nous accompagnons le gouvernement dans le déploiement du programme Stagy,
qui facilite l’accès des jeunes diplômés aux stages en entreprise et favorise
leur insertion professionnelle. Les premières phases pilotes ont déjà produit
des résultats encourageants, avec plusieurs bénéficiaires ayant obtenu un
emploi à l’issue de leur stage.
Notre ambition est désormais d’en faire une véritable plateforme de
référence, rapprochant les établissements de formation, les entreprises et les
jeunes afin de mieux adapter les compétences aux besoins du marché du travail. Nous
soutenons également le Programme multisectoriel intégré de soutien à
l’entrepreneuriat (PROMISE), qui ambitionne de créer 50 000 PME d’ici à 2030,
dont la moitié seront portées par des femmes.
Ce programme accompagne les jeunes entrepreneurs à chaque étape de
leur parcours, de la conception de leur projet à l’accès au financement et aux
marchés, notamment ceux offerts par la ZLECAf (Zone de libre-échange
continentale africaine). La dimension environnementale est également au cœur de
notre action. Le PNUD accompagne le Congo dans la mise en œuvre de sa stratégie
de décarbonations, la promotion de l’économie verte, bleue et circulaire, ainsi
que la préservation de l’exceptionnelle biodiversité du Bassin du Congo.
Dans le domaine de la santé, cet engagement se traduit notamment
par une meilleure gestion des déchets biomédicaux afin de réduire l’empreinte
environnementale des établissements de santé. Parallèlement, nous soutenons la
transition énergétique à travers le Programme d’électrification des zones
rurales (PESOR), qui vise à permettre à près de deux millions de Congolais
d’accéder à l’électricité.
Nous appuyons également le Programme accéléré de développement
communautaire, qui renforce les infrastructures et les services de santé de
proximité. Pour le PNUD, le climat, l’égalité de genre, l’engagement des jeunes
et la santé ne sont pas des priorités distinctes. Ce sont des dimensions
complémentaires qui constituent les fondements d’un développement durable, inclusif
et résilient au service des populations congolaises.
Alors que l’année 2026 touche à sa fin, quelles sont les
priorités du PNUD à l’horizon 2030 ?
Notre cycle de coopération 2022-2026 arrive à son terme. Nous
préparons déjà, avec le gouvernement, le secteur privé et nos partenaires techniques et financiers, le
prochain cycle 2027-2031.
Celui-ci sera pleinement aligné sur les priorités du futur Plan
national de développement et sur la Vision Congo 2063. Le PNUD n’a pas vocation
à définir les priorités d’un pays ; il accompagne celles que l’État s’est fixé
en apportant son expertise et sa capacité d’innovation afin d’en accélérer la
mise en œuvre. Dans le domaine de la santé, les acquis sont déjà importants :
renforcement des compétences du personnel de santé, amélioration des
infrastructures et des équipements, mais aussi appui à l’élaboration de
politiques publiques, notamment la nouvelle Politique nationale pharmaceutique.
Pour les prochaines années, l'une de nos priorités sera
d'accélérer la digitalisation du système de santé. Nous avons déjà engagé cette
transformation avec la mise en place d'un système numérique de gestion
logistique des médicaments, qui permet d'optimiser la gestion des stocks, de
réduire les pertes et d'améliorer l'efficacité des achats publics. Nous
entendons également renforcer la e-santé et la télémédecine afin de rapprocher
les soins des populations, y compris dans les zones les plus enclavées.
L'opérationnalisation de la salle multimédia de l'hôpital général Édith-Lucie
Bongo d'Oyo constitue une étape importante dans cette dynamique. Elle ouvrira
la voie aux téléconsultations, aux échanges entre spécialistes ainsi qu'au
développement de la formation médicale à distance.
Parallèlement, nous poursuivrons le renforcement des soins de
santé primaires à travers la construction de centres de santé de base, dotés de
personnels qualifiés, d'équipements adaptés et de médicaments essentiels, afin
de garantir une offre de soins de proximité au plus près des populations. Notre
ambition est claire : faire en sorte que chaque Congolais, où qu'il vive,
puisse accéder à des services de santé modernes, de qualité et connectés. C'est
cette vision d'une santé accessible jusqu'au dernier kilomètre, plus inclusive,
plus équitable et plus résiliente, qui guidera l'action du PNUD à l'horizon
2030.
Enfin, Madame la Représentante résidente, quel message
souhaitez-vous adresser aux décideurs, aux populations et aux partenaires sur
l’avenir des interventions du PNUD dans le domaine de la santé en République du
Congo ?
Mon premier message est un message de gratitude. Je tiens à
remercier le Gouvernement de la République du Congo pour la confiance qu'il
accorde au PNUD et pour la qualité de notre partenariat.
Je souhaite également saluer l'engagement de nos partenaires
techniques et financiers, notamment le Fonds mondial, ainsi que celui du
secteur privé congolais, en particulier Unicongo, l'UNOC et la Banque Postale
du Congo, qui contribuent à la mise en œuvre de projets concrets au bénéfice
des populations. Les résultats que nous enregistrons aujourd'hui sont le fruit
de cette coopération et du leadership des autorités nationales, en particulier
dans le secteur de la santé. C'est cet esprit de partenariat qu'il nous faut
préserver et renforcer, d'autant que le contexte international est marqué par
une diminution de certaines sources de financement du développement. Nous
demeurons toutefois confiants. Cette période nous invite à innover et à
mobiliser de nouveaux mécanismes de financement.
Au-delà des ressources financières, le PNUD met au service du
Congo son expertise technique, son expérience en matière de gestion de projets
et sa capacité à accélérer la mise en œuvre des politiques publiques afin de
produire un impact concret sur la vie des populations. J’invite donc tous les
acteurs : pouvoirs publics, secteur privé, partenaires au développement,
fondations et société civile à poursuivre et à renforcer cette dynamique
collective. Chaque contribution compte.
Ensemble, nous pouvons bâtir un système de santé plus performant,
plus résilient et plus équitable, au bénéfice de tous les Congolais, en
particulier des jeunes. Enfin, je voudrais adresser un message particulier aux
médias.
Vous êtes des partenaires essentiels. Par votre capacité à
informer, sensibiliser et mobiliser l’opinion publique, vous jouez un rôle
déterminant dans le plaidoyer en faveur du développement durable et de la
santé. Nous comptons sur vous pour porter ces messages et accompagner cette
ambition commune.
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