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MADAME ADAMA-DIAN BARRY, REPRÉSENTANTE RÉSIDENTE DU PNUD EN RÉPUBLIQUE DU CONGO

Creator : MANAGERS Vues : 10 vues Created : 17 heures, 46 minutes
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À la tête du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en République du Congo depuis 2023, Madame Adama-Dian Barry pilote les interventions de l'institution dans des domaines stratégiques tels que la santé, la gouvernance, le climat, l'emploi des jeunes et le développement durable.

 

Forte d'une riche expérience acquise au sein du système des Nations Unies dans plus d'une vingtaine de pays, elle accompagne les autorités congolaises dans la mise en oeuvre des priorités nationales et des Objectifs de développement durable (ODD).

 

Dans cet entretien accordé au magazine LE METROPOLIS, la Représentante résidente revient sur les progrès accomplis dans le renforcement du système de santé congolais, les résultats obtenus grâce au partenariat entre le Gouvernement, le PNUD et le Fonds mondial, ainsi que les défis liés à la baisse des financements internationaux. Elle évoque également les nouvelles approches portées par le PNUD en faveur d'un développement plus inclusif, fondé sur l'économie verte, la résilience climatique, l'égalité de genre, l'autonomisation des jeunes et un financement plus durable des politiques publiques. Entretien.

 

Propos recueillis par Jérôme Batungassana

« LA SANTE EST UN LEVIER ESSENTIEL DU DEVELOPPEMENT DURABLE » 

                             

LE METROPOLIS :

Madame la Représentante résidente, votre parcours vous a conduite à exercer de hautes responsabilités dans plusieurs pays avant votre nomination en République du Congo. En quoi cette expérience internationale influence-t-elle votre approche du développement et quelles priorités avez-vous fixées depuis votre prise de fonctions au Congo ?

MADAME ADAMADIAN BARRY :

Merci beaucoup de me rappeler le parcours qui est le mien et qui a certainement conduit le PNUD à porter son choix sur ma personne pour représenter l’institution en République du Congo. Pour moi, c’est un réel privilège de servir, car travailler au PNUD signifie servir l’humanité, servir l’humain. C’est d’abord une conviction personnelle. Le rôle du PNUD en République du Congo est d’accompagner la réalisation des priorités du Gouvernement afin de créer du bien-être pour l’ensemble de la population congolaise, où qu’elle se trouve sur le territoire. Dès mon arrivée en juillet 2023, l’une des premières grandes étapes a été l’accompagnement du PNUD dans l’organisation du Sommet des Trois Bassins des écosystèmes de biodiversité et des forêts tropicales, qui s’est tenu à Brazzaville.

 

Le Sommet des Trois Bassins s’est tenu du 26 au 28 octobre 2023 à Brazzaville. Il a rassemblé des acteurs pour unir les trois grands poumons écologiques de la planète : l’Amazonie, le Bassin du Congo et la région Bornéo-Mékong-Asie du Sud-Est, NDLR]. Ce fut un moment important pour le développement humain durable, dans un pays doté d’un capital naturel exceptionnel comme le Congo.

 

Le bassin du Congo est considéré comme l’un des plus grands réservoirs écologiques mondiaux. L’enjeu est donc de permettre aux pays concernés de transformer durablement ce capital naturel en véritable levier de prospérité et de développement, notamment à travers la transition écologique et des mécanismes comme le marché carbone. La question de la santé est également intimement liée à cette préservation du capital naturel. Lorsque l’environnement se dégrade, les risques de catastrophes naturelles augmentent, tout comme les menaces sanitaires liées à l’émergence de nouvelles maladies. Le Congo figure parmi les pays particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques.

 

Par la suite, dans le cadre du Sommet des Objectifs de développement durable organisé en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, le PNUD a accompagné la République du Congo dans l’identification de trois priorités majeures : la réduction des inégalités, la construction de villes et communes résilientes ainsi que la promotion d’une croissance économique durable.

 

J’ai également eu l’honneur d’accompagner la Directrice régionale du PNUD pour l’Afrique lors d’une audience avec Son Excellence Monsieur Denis Sassou-N’Guesso, Président de la République, qui a réaffirmé sa volonté d’accélérer la réalisation du bien-être pour toutes les populations congolaises. C'est en soutien à cette vision que le PNUD a accompagné le Gouvernement et les collectivités territoriales dans l'identification des besoins prioritaires des populations à travers les 90 districts de la République du Congo. Ce diagnostic a permis au Gouvernement, avec l'appui du PNUD, de mettre en place le Programme accéléré de développement communautaire (PADC), qui vise à accélérer le développement de l'ensemble des régions grâce à la réalisation d'infrastructures et à la mise en place d'équipements socioéconomiques dans des secteurs essentiels tels que la santé, l'éducation, l'accès à l'eau potable, l'énergie, l'agriculture et l'entrepreneuriat.

 

Ce programme s'inscrit pleinement dans la mise en œuvre du projet de société de Son Excellence Monsieur Denis Sassou-N'Guesso, Président de la République, Chef de l'État, en plaçant le bien-être des populations au coeur de l'action publique..

 

 

Le rôle du PNUD en République du Congo est d’accompagner la réalisation des priorités du Gouvernement afin de créer du bien-être pour l’ensemble de la population congolaise, où qu’elle se trouve sur le territoire.

 

Aujourd’hui, notre mot d’ordre au PNUD en République du Congo est clair : accompagner activement le Gouvernement dans la réalisation d’un bien-être intégral pour toutes les populations congolaises, à Brazzaville comme à Pointe-Noire, à Impfondo, à Épéna, à Sibiti et partout ailleurs sur le territoire national.

 

 

 

Après plus de trois ans à la tête du PNUD en République du Congo, quel regard portez-vous sur les progrès réalisés par le pays en matière de santé publique, et quels sont, selon vous, les principaux défis qui restent à relever ?

Aujourd’hui, en République du Congo, la santé et le bien-être des populations représentent près de 80% de l’empreinte du programme du PNUD. C’est dire toute l’importance que nous accordons à ce secteur.

L’année dernière, plus de 265 000 personnes ont bénéficié directement des services de santé déployés par le Gouvernement, notamment à travers les programmes nationaux soutenus par le PNUD. Parmi ces bénéficiaires, 60% étaient des femmes. Plus de 3500 professionnels de santé ont également bénéficié directement de nos interventions. Au-delà de ces chiffres, l’impact réel est encore plus important.

Lorsque le PNUD installe une douzaine d’incinérateurs de déchets biomédicaux dans plusieurs hôpitaux du pays, fournit des équipements de diagnostic et de laboratoire de dernière génération ou renforce les capacités des sages-femmes afin de garantir des accouchements plus sûrs et de prévenir la transmission de maladies telles que le VIH/ Sida, les bénéficiaires indirects sont innombrables. Chaque jour, des milliers de patients profitent de ces infrastructures et de ces équipements, dont les effets s’inscrivent dans la durée. C’est ainsi que se traduit concrètement l’empreinte du PNUD dans le secteur de la santé.

 

Plus spécifiquement, le PNUD est aujourd’hui, à la demande du Gouvernement, le principal récipiendaire de la subvention accordée par le Fonds mondial à la République du Congo. Dans le cadre de ce partenariat, qui mobilise une enveloppe financière importante, et sous le leadership du Ministère de la Santé, le PNUD accompagne les autorités nationales dans la mise en œuvre efficace de ces ressources afin d'en maximiser l'impact au bénéfice des populations. À travers cette intervention, nous contribuons au renforcement et à la modernisation du système national de santé, tout en facilitant l'accès aux soins, aux traitements et aux services de santé, en particulier pour les populations les plus vulnérables, dans les différentes régions et districts sanitaires du pays. Toutes ces actions s'inscrivent en parfaite cohérence avec les priorités définies par le Ministère de la Santé dans le cadre du Plan national de développement sanitaire (PNDS).

 

Pensez-vous qu’au regard des résultats obtenus sur le terrain, vous êtes en train de relever ce défi ?

J’en suis convaincue. Mais il serait également intéressant d’avoir votre regard de journaliste, vous qui êtes au plus près des réalités du terrain. Pour ma part, cette conviction repose sur les résultats et l’impact des programmes nationaux que nous accompagnons.

 

Je pense notamment au Programme national de lutte contre le Sida (PNLS), au Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), GRAND FORMAT au Laboratoire national de santé publique ainsi qu’à la Centrale d’achat des médicaments et des produits de santé. Ce sont des acteurs névralgiques du système de santé congolais.

 

Après plusieurs années d’investissements soutenus, nous constatons avec satisfaction que ces programmes renforcent progressivement leur capacité à répondre aux besoins des populations. Les progrès sont visibles à travers l’amélioration de l’accès aux soins, l’augmentation de la couverture des traitements, la baisse des contaminations pour certaines maladies et une meilleure qualité de la prise en charge.

 

Je citerai un exemple concret. Il y a quelques jours, j’ai effectué une visite au PNLT. En échangeant avec le directeur et ses équipes, qui finalisaient leur rapport annuel, il m’a indiqué qu’en 2024, près de 6375 décès liés à la tuberculose avaient pu être évités, soit autant de vies sauvées grâce aux efforts conjoints du Gouvernement et de ses partenaires.

 

 

Aujourd’hui, notre mot d’ordre au PNUD en République du Congo est clair : accompagner activement le Gouvernement dans la réalisation d’un bien-être intégral pour toutes les populations congolaises, à Brazzaville comme à Pointe-Noire, à Impfondo, à Épéna, à Sibiti et partout ailleurs sur le territoire national.

 

Par ailleurs, le Congo enregistre aujourd’hui des progrès dans la prise en charge de la tuberculose multi résistante, la forme la plus grave de la maladie. Grâce au renforcement du dépistage et à une meilleure prise en charge, les patients guérissent davantage avant que la maladie n’évolue vers des formes résistantes. Ces résultats montrent que les programmes produisent des effets concrets sur le terrain. Ils contribuent à améliorer durablement la santé des Congolais et la qualité de leur prise en charge.

 

La 26ème Conférence internationale sur le sida, qui s’est tenue à Rio de Janeiro sous le thème « Repenser, reconstruire, se relever », a mis en lumière des avancées majeures en matière de prévention, de traitement et de recherche, dans un contexte marqué par la baisse des financements internationaux. Quel impact cette nouvelle donne pourrait-elle avoir sur la lutte contre le VIH au Congo-Brazzaville, et comment le PNUD entend-il accompagner le pays pour préserver les acquis et accélérer les progrès ?

Cette question renvoie plus largement au financement des services de santé et, au-delà, au financement du développement. Aujourd’hui, au PNUD, comme au sein de l’ensemble du système des Nations Unies, nous encourageons une approche fondée sur le cofinancement et le financement national du développement. Cette évolution s’observe dans plusieurs régions du monde, notamment en Amérique latine, où les États et le secteur privé jouent désormais un rôle de plus en plus important dans le financement du développement. De nombreux pays africains suivent aujourd’hui une trajectoire similaire, plusieurs d’entre eux ayant accédé au statut de pays à revenu intermédiaire.

 

Cette évolution est le fruit de plusieurs décennies d’efforts visant à bâtir des systèmes plus résilients, notamment dans le domaine de la santé. Dans le même temps, les financements extérieurs et les dons ont tendance à diminuer, comme l’illustrent les récentes réductions de certaines aides internationales. Face à cette nouvelle réalité, la réponse la plus durable réside dans une plus grande mobilisation des ressources nationales. Les États doivent planifier leurs investissements, définir des priorités claires et orienter leurs budgets vers les secteurs les plus stratégiques afin d’accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable, en particulier dans le domaine de la santé.

 

À cet égard, je tiens à saluer l›engagement de la République du Congo qui, en décembre 2025, a mobilisé près de 6,4 millions d’euros au titre de sa contrepartie nationale dans le cadre de son partenariat avec le Fonds mondial. Cet effort constitue un signal fort et s’inscrit pleinement dans la dynamique de cofinancement que nous encourageons. Le PNUD continuera d’accompagner le Gouvernement dans cette transition vers un financement plus durable des politiques de santé. Nous lançons également un appel au secteur privé afin qu’il prenne une part plus active au financement du développement. Il est essentiel de mettre en place des mécanismes innovants permettant d’assurer la pérennité des services de santé, tout en garantissant un accès équitable aux soins. Dans cette perspective, l’Assurance maladie universelle (CAMU), mise en place en République du Congo, constitue un levier important pour améliorer la protection sociale et faciliter l’accès aux soins, notamment pour les populations les plus vulnérables. En définitive, le défi consiste à diversifier les sources de financement en renforçant la contribution de l’État, du secteur privé et des mécanismes nationaux de solidarité, afin de préserver les acquis de la lutte contre le VIH et de poursuivre les progrès accomplis.

 

S’il faut rebondir sur la question du financement, le directeur général de Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, appelle les pays africains à renforcer leur autonomie en matière de financement de la santé. Pensez-vous que les pays africains ont les moyens de relever ce défi ?

Je suis très optimiste.

Au mois de mai dernier, Brazzaville a accueilli les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement. À cette occasion, le Fonds africain de développement a bénéficié d’une reconstitution historique de ses ressources, grâce aux contributions de plusieurs États, dont certains participaient pour la première fois. C’est un signal fort qui témoigne d’une volonté croissante des pays africains de prendre davantage en main leur développement. Par ailleurs, nous observons que des financements continuent d’être mobilisés pour faire face aux pandémies qui touchent notamment l’Afrique centrale.

 

Cela montre que la solidarité internationale demeure importante, mais qu’elle doit désormais s’accompagner d’une mobilisation accrue des ressources nationales.

Les États africains sont conscients des enjeux et, il faut le rappeler, ils ont toujours été les premiers financeurs de leur propre développement.

 

Ce sont eux qui assurent le fonctionnement des administrations publiques, rémunèrent les personnels de santé et prennent en charge les coûts de fonctionnement des infrastructures et des équipements, y compris lorsque ceux-ci sont mis à disposition par les partenaires techniques et financiers.

 

Les budgets nationaux demeurent donc le socle le plus durable du financement du développement. Je suis convaincue que l’Afrique est prête à relever ce défi.

La République du Congo en a donné une illustration en renforçant sa contribution Nationale au financement de la santé. Dans le même temps, le secteur privé prend progressivement conscience de son rôle à travers des politiques de responsabilité sociétale de plus en plus ambitieuses, des programmes de santé destinés à ses employés et un engagement croissant en faveur du développement. Les partenariats public-privé se développent également dans le secteur de la santé. C’est en conjuguant les efforts des États, du secteur privé et des partenaires au développement que l’Afrique pourra bâtir des systèmes de santé plus résilients, plus autonomes et plus durables.

 

Vous avez évoqué le rôle stratégique du Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical de la planète et l’un des principaux puits de carbone au monde. Alors que la santé est désormais au cœur des enjeux du développement durable, comment le PNUD intègre-til les dimensions du climat, de l’égalité de genre et de l’engagement des jeunes dans ses programmes en République du Congo ?

Notre programme en République du Congo est multisectoriel et s’inscrit en appui au Plan national de développement, dont l’objectif est de créer davantage de prospérité, notamment à travers la réduction du chômage des jeunes. Notre priorité est de leur offrir plus d’opportunités en intervenant principalement sur deux axes : l’employabilité et l’entrepreneuriat. En matière d’emploi, nous accompagnons le gouvernement dans le déploiement du programme Stagy, qui facilite l’accès des jeunes diplômés aux stages en entreprise et favorise leur insertion professionnelle. Les premières phases pilotes ont déjà produit des résultats encourageants, avec plusieurs bénéficiaires ayant obtenu un emploi à l’issue de leur stage.

 

Notre ambition est désormais d’en faire une véritable plateforme de référence, rapprochant les établissements de formation, les entreprises et les jeunes afin de mieux adapter les compétences aux besoins du marché du travail. Nous soutenons également le Programme multisectoriel intégré de soutien à l’entrepreneuriat (PROMISE), qui ambitionne de créer 50 000 PME d’ici à 2030, dont la moitié seront portées par des femmes.

 

Ce programme accompagne les jeunes entrepreneurs à chaque étape de leur parcours, de la conception de leur projet à l’accès au financement et aux marchés, notamment ceux offerts par la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine). La dimension environnementale est également au cœur de notre action. Le PNUD accompagne le Congo dans la mise en œuvre de sa stratégie de décarbonations, la promotion de l’économie verte, bleue et circulaire, ainsi que la préservation de l’exceptionnelle biodiversité du Bassin du Congo.

 

Dans le domaine de la santé, cet engagement se traduit notamment par une meilleure gestion des déchets biomédicaux afin de réduire l’empreinte environnementale des établissements de santé. Parallèlement, nous soutenons la transition énergétique à travers le Programme d’électrification des zones rurales (PESOR), qui vise à permettre à près de deux millions de Congolais d’accéder à l’électricité.

 

Nous appuyons également le Programme accéléré de développement communautaire, qui renforce les infrastructures et les services de santé de proximité. Pour le PNUD, le climat, l’égalité de genre, l’engagement des jeunes et la santé ne sont pas des priorités distinctes. Ce sont des dimensions complémentaires qui constituent les fondements d’un développement durable, inclusif et résilient au service des populations congolaises.

 

Alors que l’année 2026 touche à sa fin, quelles sont les priorités du PNUD à l’horizon 2030 ?

Notre cycle de coopération 2022-2026 arrive à son terme. Nous préparons déjà, avec le gouvernement, le secteur privé et nos    partenaires techniques et financiers, le prochain cycle 2027-2031.

 

Celui-ci sera pleinement aligné sur les priorités du futur Plan national de développement et sur la Vision Congo 2063. Le PNUD n’a pas vocation à définir les priorités d’un pays ; il accompagne celles que l’État s’est fixé en apportant son expertise et sa capacité d’innovation afin d’en accélérer la mise en œuvre. Dans le domaine de la santé, les acquis sont déjà importants : renforcement des compétences du personnel de santé, amélioration des infrastructures et des équipements, mais aussi appui à l’élaboration de politiques publiques, notamment la nouvelle Politique nationale pharmaceutique.

 

Pour les prochaines années, l'une de nos priorités sera d'accélérer la digitalisation du système de santé. Nous avons déjà engagé cette transformation avec la mise en place d'un système numérique de gestion logistique des médicaments, qui permet d'optimiser la gestion des stocks, de réduire les pertes et d'améliorer l'efficacité des achats publics. Nous entendons également renforcer la e-santé et la télémédecine afin de rapprocher les soins des populations, y compris dans les zones les plus enclavées. L'opérationnalisation de la salle multimédia de l'hôpital général Édith-Lucie Bongo d'Oyo constitue une étape importante dans cette dynamique. Elle ouvrira la voie aux téléconsultations, aux échanges entre spécialistes ainsi qu'au développement de la formation médicale à distance.

 

Parallèlement, nous poursuivrons le renforcement des soins de santé primaires à travers la construction de centres de santé de base, dotés de personnels qualifiés, d'équipements adaptés et de médicaments essentiels, afin de garantir une offre de soins de proximité au plus près des populations. Notre ambition est claire : faire en sorte que chaque Congolais, où qu'il vive, puisse accéder à des services de santé modernes, de qualité et connectés. C'est cette vision d'une santé accessible jusqu'au dernier kilomètre, plus inclusive, plus équitable et plus résiliente, qui guidera l'action du PNUD à l'horizon 2030.

 

Enfin, Madame la Représentante résidente, quel message souhaitez-vous adresser aux décideurs, aux populations et aux partenaires sur l’avenir des interventions du PNUD dans le domaine de la santé en République du Congo ?

Mon premier message est un message de gratitude. Je tiens à remercier le Gouvernement de la République du Congo pour la confiance qu'il accorde au PNUD et pour la qualité de notre partenariat.

 

Je souhaite également saluer l'engagement de nos partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds mondial, ainsi que celui du secteur privé congolais, en particulier Unicongo, l'UNOC et la Banque Postale du Congo, qui contribuent à la mise en œuvre de projets concrets au bénéfice des populations. Les résultats que nous enregistrons aujourd'hui sont le fruit de cette coopération et du leadership des autorités nationales, en particulier dans le secteur de la santé. C'est cet esprit de partenariat qu'il nous faut préserver et renforcer, d'autant que le contexte international est marqué par une diminution de certaines sources de financement du développement. Nous demeurons toutefois confiants. Cette période nous invite à innover et à mobiliser de nouveaux mécanismes de financement.

 

Au-delà des ressources financières, le PNUD met au service du Congo son expertise technique, son expérience en matière de gestion de projets et sa capacité à accélérer la mise en œuvre des politiques publiques afin de produire un impact concret sur la vie des populations. J’invite donc tous les acteurs : pouvoirs publics, secteur privé, partenaires au développement, fondations et société civile à poursuivre et à renforcer cette dynamique collective. Chaque contribution compte.

 

Ensemble, nous pouvons bâtir un système de santé plus performant, plus résilient et plus équitable, au bénéfice de tous les Congolais, en particulier des jeunes. Enfin, je voudrais adresser un message particulier aux médias.

 

Vous êtes des partenaires essentiels. Par votre capacité à informer, sensibiliser et mobiliser l’opinion publique, vous jouez un rôle déterminant dans le plaidoyer en faveur du développement durable et de la santé. Nous comptons sur vous pour porter ces messages et accompagner cette ambition commune.

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