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LES ZOONOSES UN DANGER MECONNU.

Creator : MANAGERS Vues : 228 vues Created : 9 mois, 1 semaine
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LES ZOONOSES UN DANGER MECONNU LA BIODIVERSITÉ, UNE MENACE POUR LA SANTÉ HUMAINE ? Dans la nature, des animaux piquent, mordent ou sont porteurs de microbes qu’ils peuvent transmettre. Des plantes et des champignons causent des allergies, des intoxications. Même si côtoyer des espèces différentes peut présenter des inconvénients, l’effondrement actuel de la biodiversité peut causer des torts bien plus grands à la santé humaine. Dossier Commenté par François Mukandila et Jérôme Batungassana. Sources : OMS AFRO : Les maladies transmises par les animaux, Inserm Magazine N° 49, Avril 2021

Certes, les animaux sont des pairs, des compagnons, des amis, des sujets d’émerveillement mais aussi d’incroyables transmetteurs de maladies infectieuses ou zoonoses, à l’impact parfois majeur sur nos sociétés. En témoigne la pandémie de Covid-19 qui n’en finit plus de mettre à l’épreuve les systèmes de santé du monde entier. 
Les trois quarts des nouvelles maladies qui frappent les humains sont des zoonoses. Ces maladies transmises par des animaux seraient responsables de plus de 2 milliards de contaminations chaque année. En effet, les zoonoses sont des infections transmissibles entre les animaux vertébrés et l’homme et vice-versa. Causées par des agents pathogènes d’origine animale, elles n’ont pas de traitement à ce jour. Evitables par la vaccination, leur expansion est cependant préoccupante. L’amélioration de la communication est le meilleur moyen de prévention et de lutte contre les maladies zoonotiques.
Par définition, une zoonose est une maladie infectieuse qui est passée de l’animal à l’homme. Les agents pathogènes zoonotiques peuvent être d’origine bactérienne, virale ou parasitaire peuvent impliquer des agents non conventionnels et se propager à l’homme par contact direct ou par les aliments, l’eau ou l’environnement. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une zoonose (du grec zoon, « animal », et nosos, « maladie ») désigne une maladie ou une infection naturellement transmissible des animaux vertébrés à l’Homme. « Certaines infections peuvent avoir une origine zoonotique puis devenir des maladies plus spécifiquement humaines. C’est potentiellement le cas de la forme la plus courante du paludisme, causée par le parasite Plasmodium falciparum ».
ORIGINE
La première pandémie zoonotique suffisamment documentée est celle de la peste noire de 1347, due à la bactérie Yersinia pestis, qui aurait tué un tiers de la population européenne d’alors en 5 ans, soit 44 millions de personnes. Cependant, « les zoonoses ont sans doute commencé à devenir une menace à partir du moment où notre espèce a modifié considérablement ses interactions avec les autres animaux, via la domestication de ces derniers », précise Yannick Simonin, un virologue français.
Les animaux sont des compagnons ou des sujets d’émerveillement, mais aussi d’incroyables transmetteurs de maladies infectieuses, ou zoonoses, à l’impact parfois majeur sur nos sociétés. Parmi les facteurs déclencheurs, on note « l’intensification et la mondialisation des échanges, de biens, des animaux et des personnes, qui facilitent l’introduction et la diffusion de pathogènes. L’urbanisation intensive, qui s’accompagne de la prolifération d’animaux susceptibles de favoriser les zoonoses dans les villes. Enfin, les conflits, responsables de mouvements de populations et de la fragilisation des systèmes sanitaires des pays concernés, ne sont pas à négliger ».
Plus proche, dans le temps, le Dr Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et président de l’atelier IPBES affirmequ' « Il n’y a pas de grand mystère quant à la cause de la pandémie COVID-19, ou de toute autre pandémie moderne. Les mêmes activités humaines, qui sont à l’origine du changement climatique et de la perte de biodiversité, entraînent également un risque de pandémie par leurs effets sur notre environnement. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l’expansion et l’intensification de l’agriculture ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les humains. C’est la voie vers les pandémies. »
En effet, rien qu’au cours des dix dernières années, nous avons assisté à six émergences successives : Ebola en Afrique de l’Ouest de 2013 à 2016, Zika en Amérique latine à partir de 2015, Chikungunya en Amérique du Sud entre 2013 et 2014, de nouveau Ebola en République démocratique du Congo en 2018-2020. Des cas de peste à Madagascar sont réapparus depuis les années 1990 jusque récemment en 2017, et la Covid-19 en 2019. La Covid, identifiée dans la famille de coronavirus circule principalement chez les chauves-souris, et le transfert zoonotique provoque épisodiquement des épidémies chez l’humain. Il est donc crucial de comprendre comment ce virus a passé la barrière d’espèce et est devenu hautement transmissible d’homme à homme. Une autre épidémie, le Monkey pox, a été déclarée en RDC à la fin de 2022. Ce pays notifie près de 95% de cas humains connus.

SITUATION ACCENTUEE PAR NOS ACTIVITES MODERNES
En cause, l’accentuation de diverses pressions exercées sur l’environnement. « L’extension des terres agricoles associée à la déforestation augmente le risque de contact entre faune sauvage, animaux domestiques et humains. L’intensification des élevages industriels accroît le risque de propagation d’un pathogène entre animaux. Le trafic et la vente d’animaux sauvages pourraient augmenter l’exposition des humains aux pathogènes portés par ces bêtes. Enfin, le réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre pourrait modifier l’aire de présence des espèces sauvages et insectes vecteurs, comme les moustiques ».
LES ZOONOSES EN HAUSSE EN AFRIQUE, ALERTE L’OMS
Selon l’OMS, le nombre d’épidémies zoonotiques a augmenté de 63 % en Afrique au cours de la décennie 2012-2022 par rapport à 2001-2011.
L’analyse révèle qu’entre « 2001 et 2022, 1843 événements de santé publique avérés ont été enregistrés dans le continent. 30 % de ces événements étaient des épidémies de zoonoses. Si ces chiffres ont augmenté au cours des deux dernières décennies, un pic particulier a été enregistré en 2019 et en 2020, lorsque les agents pathogènes zoonotiques ont représenté environ 50 % des événements de santé publique. La maladie à virus Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales constituent près de 70 % de ces épidémies, notamment la dengue, le charbon, la peste, la variole du singe, et une série d’autres maladies constituant les 30 % restants ».
Les zones géographiques les plus à risque sont « les régions d’Afrique centrale et orientale du continent africain, qui sont les plus riches en mammifères hôtes zoonotiques et les zones riches en primates, telles que les zones d’Afrique Equatoriale, dans le Bassin du Congo et en Afrique de l’Ouest dans les régions forestières tropicales ». Mais le reste des régions africaines n’est pas à l’abri en raison de quelques facteurs. Citons l’accroissement des liaisons routières, ferroviaires, maritimes et aériennes entre Etats et, avec elles, les fronts de contacts entre animaux et humains. « Avec l’amélioration des transports en Afrique, la menace de voir des agents pathogènes zoonotiques se déplacer vers les grands centres urbains s’est accrue », a déclaré Matshidiso Moeti, ancienne directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique au cours d’une conférence en juillet 2022. Il y a également l’augmentation de la population qui engendre, selon Rodolphe Gozlan, Directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) : « l’augmentation des besoins en alimentation, a tendance à être comblée à travers l’élevage intensif, sur des surfaces immenses, avec des espèces ayant des profils génétiques très homogènes, des bio-incubateurs parfaits pour les zoonoses ».
LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIOQUE DU CONGO EN QUESTION ?
En République démocratique du Congo, les zoonoses constituent un problème majeur de santé publique en raison de la richesse de la biodiversité du pays, de la culture et traditions vis-à-vis des animaux sauvages, de la faiblesse des systèmes de surveillance et de riposte, ainsi que des conflits armés et des crises humanitaires qui affectent le pays.
 Parmi les zoonoses présentes en RDC, on cite la maladie à virus Ebola, qui a causé plusieurs flambées mortelles depuis 1976, puis entre 2018 et 2020. La rage canine, ainsi est endémique dans tout le pays et tue environ 1500 personnes par an. La fièvre jaune, a provoqué une épidémie en 2016. La trypanosomiase humaine africaine ou maladie du sommeil, transmise par la mouche tsé-tsé ou encore la leptospirose, qui est liée aux inondations.
En raison de la gravité et de la capacité à évoluer, le ministère de la Santé a répertorié six groupes de zoonoses prioritaires en RDC qui sont : 
la Rage, les Fièvres hémorragiques dont la maladie à virus Ebola et la Fièvre de la vallée de Rift, les Arboviroses dont la fièvre jaune, les Salmonelloses, le Monkeypox (variole de singes) et les Grippes, dont la grippe aviaire et la COVID 19. Ces maladies, bien que certaines aient des caractéristiques communes, présentent quelques différences et impliquent une diversité d’acteurs.
LUTTE ET PREVENTION
« Des populations très bien informées, capables de communiquer, d’observer et d’appliquer les mesures appropriées pour que plus personne ne meurt ou ne s'appauvrisse à cause des six groupes de zoonoses prioritaires à l’horizon 2063 ».
Le meilleur moyen de lutte contre l’épidémie ainsi que l’infodémie qui l’accompagne, reste une meilleure communication et cela, de la prévention jusqu’à la résilience. On l’a bien dit, la RDC est un pays riche en biodiversité, il est donc indiqué que la communauté soit informée et éduquée pour un changement de comportement vis-à-vis des animaux vivants ou morts.
Les zoonoses sont des maladies à prévention vaccinale. Le vaccin est le moyen efficace pour combattre la chaîne de transmission ou inhiber le risque de contamination par l’animal ou par l’homme. En RDC, dans sa phase de résilience post covid, la vaccination contre la covid-19 a été intégrée dans le calendrier vaccinal de la femme enceinte. Les personnes âgées et celles souffrant des maladies chroniques sont également concernées. 
Le pays dispose depuis 2022 d’un plan national de lutte contre la rage avec le soutien de la FAO. Le ministère de la pêche et élevage se penche sur une vaste campagne de vaccination des chiens. Et grâce aux partenaires comme l’USAID via Breakthrough Action, le pays sous le comité de coordination « Une Santé RDC », renforce les capacités des médias et des leaders sociaux, en vue de s’assurer d’une communication pérenne sur les zoonoses.  


VIRUS MPOX : CE QUE L’ON SAIT DE CETTE EPIDEMIE QUI S’ACCELERE EN AFRIQUE
Alors que l’Organisation mondiale de la santé a déclenché le 14 août 2024 son plus haut niveau d’alerte mondiale face à la propagation du Mpox, aussi connu sous le nom de variole du singe, nous faisons le point sur cette maladie connue depuis les années 1970 et sur son épidémie qui s’accélère en Afrique.
Qu’est-ce que le Mpox ?
Initialement connu sous le nom de Monkey pox, la variole du singe, et renommé en 2022 Mpox par l’OMS est une espèce de la variole. Paradoxalement, le Mpox n’a pas grand-chose à voir avec les singes, si ce n’est qu’il a été isolé pour la première fois sur des primates dans un laboratoire du Danemark en 1958.
Pour tout dire, bien qu’on l’appelle encore fréquemment variole « du singe », ce n’est pas via les singes que cette maladie se transmet à l’humain, mais à partir des rongeurs. L’OMS privilégie depuis fin 2022 la dénomination “Mpox». 
On distingue deux principaux types du virus Mpox : 
Le clade 1, présent au bassin du Congo en Afrique Centrale ; 
Et le clade 2 présent en Afrique de l’Ouest. 
Le virus qui circule actuellement en Europe provient du clade 2, impliqué dans l’épidémie du Nigéria. 
Le Mpox est en effet une zoonose, une maladie infectieuse qui passe de l’animal à l’homme. Le premier cas humain a été rapporté en RDC en 1970, il s’agissait d’un enfant de neuf ans qui avait pu être soigné de la maladie avant de mourir peu de temps après avoir contracté les oreillons.
Pourquoi l’épidémie s’accélère ?
Pendant de nombreuses années, de petites flambées épidémiques localisées ont régulièrement eu lieu en Afrique centrale et de l’Ouest, certains pays comme la RDC, le Nigeria, le Liberia ou encore le Cameroun étant des zones endémiques du virus. Mais c’est en 2022 que l’OMS déclare l’épidémie comme une urgence sanitaire mondiale après que plus de 75 pays non endémiques dont les États-Unis, l’Australie, le Canada et une grande partie de l’Europe ont rapporté des cas. La propagation de Mpox s’est rapidement calmée dans les pays occidentaux mais elle a pris un autre tournant ces derniers mois en Afrique où les deux souches connues du virus (clade 1 et clade 2) ont continué à circuler, ce qui a poussé l’OMS à déclencher son plus haut niveau d’alerte. « C’est une maladie qui a évolué qui n’est plus seulement transmissible d’animal à humain », explique, le Dr Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
La République démocratique du Congo qui concentre actuellement 96% des cas rapportés de Mpox fait ainsi face à une souche bien plus virulente appelée clade 1b, plus transmissible et plus létale que le clade 2 qui était en cause dans l’épidémie de 2022 dans de nombreux pays occidentaux. Le virus a muté et il se transmet maintenant « d’humain à humain, avec les sécrétions et les contacts, avec les objets utilisés par une personne infectée comme les habits, le lit, une chaise… », détaille le Dr Kaseya. « Des études sont menées car nous suspectons également des transmissions par voie aérienne », précise-t-il.
La Suède et le Pakistan ont annoncé avoir découvert leurs premiers cas de Mpox issus du variant clade 1b, ainsi observé pour la première fois hors d’Afrique. « Ce variant se propage très rapidement et s’étend à des pays d’Afrique qui ne l’avaient jamais vu auparavant, comme le Rwanda, le Kenya et le Burundi. Nous observons de nombreux cas au Burundi et en Ouganda et ce sont des pays qui ont beaucoup de contacts avec le reste du monde. Il s’agit donc d’une menace pour le reste du monde », a expliqué la porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé, Margaret Harris. « Il est probable que d’autres cas importés de clade 1 soient enregistrés dans la région européenne au cours des prochains jours et des prochaines semaines », a par ailleurs averti l'organisation onusienne.
À quel point le Mpox est-il dangereux ?
Moins virulent que la variole dont il est un variant, la dangerosité de Mpox a pendant très longtemps été limitée, mais l’apparition d’un nouveau variant du clade 1 change désormais la donne. « Avant Mpox ne tuait pas vraiment, explique le Dr Kaseya, mais aujourd’hui avec les nouvelles souches, clade 1 peut atteindre un taux de létalité allant jusqu’à 10%, ce qui est énorme ».
Le clade 2 est beaucoup moins dangereux avec un taux de létalité estimé autour de 0,1% soit un à deux morts pour 1 000 malades. 

C’est cette souche qui était à l’origine de l’épidémie de 2022 qui avait fait 140 morts pour un peu plus de 90 000 cas. L’épidémie de Mpox de sous-type clade 1b qui sévit actuellement en Afrique, et tout particulièrement en RDC, est en revanche beaucoup plus dangereuse avec un taux de létalité qui atteint en moyenne 3 à 4%.
Au total, 38 465 cas de Mpox ont été recensés dans 16 pays africains depuis janvier 2022, pour 1 456 décès, avec notamment une augmentation de 160% du nombre des cas en 2024 par rapport à l’année précédente, selon des données publiées en 2024 par l’agence de santé de l’Union africaine, Africa CDC. Les enfants sont par ailleurs particulièrement à risque, rien qu’en RDC, « les moins de 15 ans représentent plus de 60% des cas », selon le Dr Kaseya.
Quels sont les symptômes et comment s’en protéger ?
Après une période de six jours jusqu’à trois semaines d’incubation, les premiers symptômes sont d’ordres généraux et ressemblent à ceux d’un état grippal : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, fatigue... Apparaissent ensuite les lésions cutanées qui peuvent parfois s’avérer douloureuses et laisser des cicatrices, mais « avec l’apparition de nouvelles souches, il y a désormais aussi des cas où les lésions cutanées apparaissent avant les symptômes généraux », précise le Dr Jean Kaseya.
La guérison intervient en général en deux à quatre semaines, mais pour se protéger du virus auquel on ne connaît pas pour le moment de traitement curatif, le plus efficace reste de garder une bonne hygiène corporelle et de se laver régulièrement les mains. Les personnes ayant de multiples partenaires sexuels doivent également se montrer particulièrement vigilantes car, s’il est avéré que le virus se transmet via des contacts rapprochés. 
Le vaccin, le seul traitement pour endiguer l’épidémie
Les vaccins développés pour immuniser contre la variole sont également efficaces à 80% contre le Mpox, ce qui pourrait permettre de venir assez rapidement à bout de l’épidémie. Mais depuis l’annonce de l’éradication de la maladie en 1980 par l’OMS, les campagnes de vaccination ont été stoppées, ce qui pourrait d’ailleurs en partie expliquer cette recrudescence de Mpox. « La vaccination contre la variole qui protégeait par réaction croisée contre la variole du singe a permis de la garder étouffée pendant longtemps mais les personnes nées depuis l’arrêt de la vaccination contre la variole n’ont pas été vaccinées, ce qui fait un nombre de réservoirs plus importants de personnes susceptibles de contracter la variole du singe, expliquait en 2022 sur RFI l'épidémiologiste de l'Institut Pasteur, Arnaud Fontanet. C’est un des éléments qui pourrait expliquer pourquoi ce virus se met à circuler de plus en plus ».  En déclenchant son plus haut niveau d’alerte, « l’urgence de santé publique de portée internationale » en 2024, l’OMS va pouvoir donner la priorité à la lutte contre le virus Mpox, alors que son budget est fortement encadré. Près d’1,5 million de dollars ont déjà été débloqués par l’OMS sur le fonds d’urgence. L’organisation juge que son plan de réponse nécessite au moins 15 millions de dollars de montant initial. L’annonce de l’OMS doit aussi permettre de débloquer des fonds pour l’accès à des vaccins en Afrique. 
Car si des vaccins contre le Mpox existent, leur nombre est encore trop faible, en particulier sur le continent africain. L’agence de santé de l’Union africaine Africa CDC a annoncé que quelque 200 000 doses étaient déployées en Afrique. Un appui de l’Union européenne (UE) avec le fabricant danois Bavarian Nordic qui se dit en capacité de produire deux millions de doses supplémentaires d’ici fin 2024 et jusqu’à dix millions d’ici fin 2025.
Une situation qui appuie encore un peu plus l’urgence pour l’Afrique d’acquérir son indépendance vaccinale. « On nous dit qu’il y a actuellement un stock de 200 000 doses de vaccins à travers le monde, alors qu’un pays comme la RDC en réclame déjà trois millions », déplore le Dr Jean Kaseya. « Commencer à produire nos propres vaccins et nos propres médicaments, c’est pour moi le combat du siècle », conclut le directeur de l'Africa CDC. 

ENCADRE

RDC : ENVIRON 3 000 CAS SUSPECTS DE MONKEYPOX EN 2022 A PLUS DE 61 000 CAS EN FIN 2024


1.134 cas de Monkeypox (variole de singe) ont été enregistrés depuis début 2024 en RDC, a déclaré le directeur du programme national de lutte contre cette maladie lors d’une réunion de réflexion sur l’appui à la réponse nationale aux épidémies de choléra et de Monkeypox.
Le Dr Dieudonné Mwamba, Directeur Général de l’Institut national de santé publique, a présenté les différentes avancées dans cette riposte, à savoir « un accroissement de la notification des cas, d’environ 3 000 cas suspects en 2022 à plus de 61 000 cas en fin 2024 ; la détection biologique s’est améliorée, passant de 9 % en 2022 à environ plus de 60 % en 2024, même si des efforts considérables sont encore nécessaires pour la précision de la démarche diagnostique, la baisse de la létalité, soit de 4,5 % en 2022 à 2,2 % en fin 2024 ». 
Quant au Dr Robert Shungu, directeur du Programme de lutte contre le Monkeypox, il a fait savoir que les provinces les plus touchées sont le Bas-Uele, l’Equateur, le Grand Kasaï, Kinshasa, le Maï-Ndombe, le Maniema, la Mongala, le Nord-Ubangi, le Sankuru, Sud-Kivu, le Sud-Ubangi, la Tshopo et la Tshuapa.
Par ailleurs, le Dr Shungu a noté que les enfants de moins de 15 ans sont plus touchés par cette maladie et représentent 68 % des cas suspects. « Les jeunes garçons sont plus atteints que les filles car aujourd’hui, la contamination de cette maladie est plus sexuelle », a poursuivi ce médecin.
Il a souligné que les défis à relever sont notamment la centralisation des centres d’analyses, le retard dans la détection biologique, la rupture de stock de matériels et réactifs de prélèvement d’échantillons dans la majorité des zones de santé ainsi que les difficultés du transport d’échantillons depuis des zones rurales jusque dans la capitale à Kinshasa. En termes de perspectives, le directeur Shungu a souligné que le programme prévoit entre autres, l’actualisation du Plan de réponse et ripostes Monkeypox et l’amélioration de la surveillance « One Health » (Une santé). 

ENCADRE

L’IMPLICATION DU CHEF DE L’ETAT CONGOLAIS DANS LA RIPOSTE CONTRE LE MPOX

Le Président Félix Tshisekedi a présidé, le samedi 04 janvier 2025 à l’Institut national des recherches biomédicales (INRB), la cérémonie de remise officielle de matériel médical pour la riposte contre l’épidémie Mpox en RDC. Il s’agit d’une importante donation comprenant des moyens de dépistage, des réactifs et des équipements de laboratoire offerts par Africa CDC, venus s’ajouter aux véhicules neufs et autres moyens mis à la disposition de la riposte Mpox par le gouvernement congolais. 
Le ministre de la Santé, Hygiène et Prévoyance sociale de la RDC, le Dr Roger Kamba a remercié le Président de la République pour sa présence à la cérémonie et son implication personnelle. 
« Ce don qui va permettre à nos populations d’accéder aux soins de santé de qualité, où qu’elles soient et quelles que soient leurs conditions de vie, démontre que l’accès aux services de base est une priorité pour vous», a-t-il indiqué dans son intervention. Et de conclure : « Nous sommes conscients que le don d’aujourd’hui va nous permettre de diagnostiquer plus rapidement et de traiter plus rapidement ». 
Prenant la parole à son tour, le Directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a remercié le Chef de l’État congolais pour son implication dans la riposte contre le Mpox. Il a rappelé « qu’en août 2024, le Président Tshisekedi avait décaissé 10 millions de dollars américains pour permettre la lutte contre cette épidémie ». Le Dr Kaseya a, par ailleurs, évoqué la problématique du dépistage du Mpox en RDC : « A l’heure actuelle, il n’y a que les villes de Kinshasa et Goma qui sont couvertes, et avec cette donation, sept autres provinces vont être ajoutées », a-t-il affirmé.  
Déterminé à aider le gouvernement congolais à accroître ses capacités de lutte, le DG d’Africa CDC a annoncé : « Nous avons décidé d’allouer une enveloppe de 600 mille dollars américains pour payer les équipes déployées sur le terrain pour les six prochains mois afin de leur permettre de poursuivre leur travail. Nous faisons le maximum pour appuyer et utiliser notre voix, forte, pour appeler les partenaires à venir accompagner le gouvernement congolais ».

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