LE CONGO SE DOTE D'UN GUIDE NATIONAL POUR RENFORCER LA PHARMACOVIGILANCE UN NOUVEL OUTIL POUR MIEUX SURVEILLER LES MEDICAMENTS ET PROTEGER LES PATIENTS
La sécurité des médicaments ne
s'arrête pas à leur mise sur le marché. Elle se construit aussi grâce à une
surveillance permanente de leurs effets sur les patients. Conscient de cet
enjeu majeur de santé publique, le ministère de la Santé et de la Population,
avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), vient
de franchir une étape importante en validant le Guide national des bonnes
pratiques de vigilance liées aux médicaments et aux autres produits de santé.
Un document appelé à devenir la référence nationale en matière de pharmacovigilance.
UN CADRE NATIONAL POUR
RENFORCER
LA SÉCURITÉ SANITAIRE
L’on se souviendra que les 15 et 16 décembre 2025, à Brazzaville, des
experts de la santé, des pharmaciens, des médecins, des représentants des
programmes nationaux ainsi que des partenaires techniques s’étaient réunis dans
le cadre d’un atelier consacré à l’examen, à l’enrichissement et à la validation
du Guide national des bonnes pratiques de vigilance liées aux médicaments et
aux autres produits de santé.
Au cours de ces deux journées de travaux, les participants avaient
procédé à une relecture approfondie du document afin de s’assurer de sa
conformité avec les normes et les recommandations internationales en matière de
pharmacovigilance.
L’ambition était alors claire : doter la République du Congo d’un
cadre opérationnel capable de renforcer la détection, l’évaluation, la
notification et la prévention des effets indésirables liés aux médicaments, aux
vaccins et aux autres produits de santé utilisés par la population.
Au-delà de sa portée réglementaire, ce guide avait constitué une
avancée majeure pour le système de santé congolais. Il avait posé les bases
d’une politique nationale de pharmacovigilance plus structurée, visant à
améliorer la sécurité des patients, à renforcer la qualité des soins et à
consolider la confiance des citoyens dans les produits de santé mis à leur
disposition.
LA PHARMACOVIGILANCE, UN
PILIER DE LA QUALITÉ DES SOINS
Souvent méconnue du grand public, la pharmacovigilance constitue pourtant
l'un des piliers des systèmes modernes de santé. Elle consiste à assurer une
surveillance continue des médicaments après leur commercialisation afin
d'identifier rapidement d'éventuels effets secondaires, parfois rares ou
inattendus, qui n'ont pas toujours été observés lors des essais cliniques.
Antibiotiques, antipaludiques, traitements contre les maladies
chroniques, vaccins ou dispositifs médicaux : aucun produit de santé n'échappe
à cette vigilance permanente.
L'enjeu est double : protéger les patients tout en améliorant la
qualité des médicaments disponibles sur le marché.
UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
PAR TOUS
LES PROFESSIONNELS DE SANTÉ
Pour la directrice de la Pharmacie et du Médicament, Dr Rosa
Chanelle Inyognui Ollessongo, ce guide clarifie désormais les responsabilités
de chaque acteur du système de santé. « La pharmacovigilance consiste à
s'assurer que les médicaments mis sur le marché ne causent pas de dommages aux
patients. Si des effets néfastes sont constatés, il est essentiel que le
ministère puisse prendre les mesures appropriées, y compris la suspension ou
l'arrêt de l'importation de certains produits lorsque cela s'avère nécessaire
».
Elle rappelle que le guide introduit une procédure harmonisée de
notification des événements indésirables grâce à des fiches normalisées
destinées aux professionnels de santé. « Il est indispensable que chaque
professionnel de santé déclare les effets indésirables observés. Cette remontée
d'informations permettra aux autorités sanitaires de prendre rapidement les
décisions nécessaires pour protéger la population ».
LE PNUD SALUE UNE AVANCÉE MAJEURE
Partenaire technique du ministère tout au long du processus
d'élaboration, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) considère
ce guide comme une étape décisive dans le renforcement du système de santé
congolais. Pour Dr Hugues Traoré, conseiller technique principal Santé au PNUD,
cet outil dépasse largement le cadre de la réglementation. « Nous formulons le
vœu que ce guide devienne un puissant support pour le ministère de la Santé,
tant dans la gestion des alertes que dans la prise en charge des événements
liés aux médicaments et aux autres produits de santé ».
Selon lui, les bénéfices attendus concernent également l'industrie
pharmaceutique. « Les informations issues de la pharmacovigilance permettront
aux fabricants d'améliorer en permanence la qualité, la sécurité et
l'efficacité de leurs produits. En intégrant les retours d'expérience des
professionnels de santé, ils pourront renforcer leurs processus de fabrication
au bénéfice des patients ».
UNE CULTURE DE LA
VIGILANCE À TOUS LES NIVEAUX DU SYSTÈME DE SANTÉ
Le directeur général des Soins et Services de santé, Henri Germain
Monabeka, estime que la réussite du dispositif dépendra avant tout de son
appropriation par l'ensemble des structures sanitaires. Selon lui, la pharmacovigilance
ne doit plus être limitée aux hôpitaux de référence ou aux directions
centrales.
Elle doit désormais s'étendre aux centres de santé intégrés, aux
hôpitaux généraux, aux pharmacies, aux laboratoires ainsi qu'au niveau
communautaire. « Les médicaments sauvent des vies, mais ils peuvent également
provoquer des effets secondaires. C'est pourquoi tous les prescripteurs doivent
être formés à la notification des effets indésirables afin de renforcer la
sécurité des patients ».
VERS UNE MÉDECINE PLUS
SÛRE ET
PLUS TRANSPARENTE
Au-delà de son aspect technique, ce guide traduit une volonté
politique : renforcer la confiance des citoyens dans les médicaments mis à leur
disposition. Dans un contexte marqué par la multiplication des traitements innovants,
l'augmentation de la consommation médicamenteuse et l'apparition de nouveaux
risques sanitaires, la pharmacovigilance devient un véritable outil d'aide à la
décision pour les autorités de santé. Les données recueillies permettront non
seulement d'identifier rapidement les produits présentant un risque, mais également
d'améliorer les politiques pharmaceutiques nationales, d'orienter les décisions
réglementaires et de renforcer les contrôles de qualité.
UNE ÉTAPE DÉCISIVE
POUR LA
SANTÉ PUBLIQUE
La validation du Guide national des bonnes pratiques de vigilance
liées aux médicaments et aux autres produits de santé constitue une avancée majeure
pour le système sanitaire congolais. En instaurant une culture de la
déclaration, de l'analyse et de la prévention des effets indésirables, la
République du Congo se rapproche des standards internationaux en matière de
sécurité médicamenteuse. Car derrière chaque fiche de pharmacovigilance remplie
se cache un objectif essentiel : garantir à chaque patient des médicaments
toujours plus sûrs, plus efficaces et utilisés dans les meilleures conditions
possibles.
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