LA MINISTRE IRÈNE MARIE CÉCILE MBOUKOU-KIMBATSA DRESSE SON PREMIER BILAN ET FIXE LE CAP
Après un peu plus de trois mois à
la tête du ministère des Petites et
Moyennes Entreprises et de l'Artisanat, la ministre Irène Marie Cécile
Mboukou-Kimbatsa, née Goma, dresse un premier bilan de son action. Entre état
des lieux sur le terrain, harmonisation de l'écosystème institutionnel et
ambition de promouvoir le « Made in Congo », elle pose les jalons d'une feuille
de route résolument tournée vers l'impulsion, la modernisation et la
compétitivité.
Par
Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA
PRENDRE LA MESURE DE
L'ECOSYSTEME : « NOUS NE SOMMES PAS PARTIS DU NEANT »
« Cent jours, c'est à la fois beaucoup et peu », résume la
ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de l'Artisanat au moment de
dresser un premier bilan d'étape. Chargée par le Président de la République et
le Premier ministre de dynamiser un secteur stratégique pour la diversification
et la croissance de l'économie nationale, elle a consacré ce premier trimestre
à une immersion complète sur le terrain, une phase qu'elle qualifie de «temps
zéro». Attachée au principe de la continuité de l'État, la ministre s'est
d'abord employée à faire le tour des structures placées sous sa tutelle.
Loin d'arriver en terrain vierge, elle a salué le travail accompli
par son prédécesseur tout en prenant la pleine mesure des défis à relever. Cet
état des lieux lui a permis de cartographier un écosystème structuré autour de
deux directions générales : la Direction générale des PME et la Direction
générale de l'Artisanat, ainsi que de cinq agences opérationnelles majeures :
l'Agence de développement des PME (ADPME), l'Agence congolaise pour la création
des entreprises (ACPCE), le Fonds d'impulsion, de garantie et d'accompagnement
(FIGA), la Bourse de sous-traitance et de partenariats (BSTP) et l'Agence
nationale de l'artisanat (ANA). « Notre objectif est de faire du ministère une
unité parfaitement intégrée.
Ce qui se passe au FIGA doit être connu et partagé par tous les
autres acteurs de l'écosystème », a martelé la ministre, évoquant notamment la
validation conjointe du Plan de travail et budget annuel (PTBA) du FIGA, un
exercice de coordination qui sera désormais généralisé à l'ensemble des
entités.
LE PARCOURS DU
CREATEUR D'ENTREPRISE : UN ACCOMPAGNEMENT STRUCTURE, DE L'IDEE AU FINANCEMENT
Pour les porteurs de projets, la ministre a clarifié le parcours
entrepreneurial mis en place par son département. La première étape se déroule
à l'ADPME, où le projet est analysé et
le business plan consolidé. L'entrepreneur est ensuite orienté vers l'ACPCE,
qui peut procéder à l'immatriculation de son entreprise en seulement 72 heures.
Enfin, le FIGA intervient pour faciliter l'accès au financement. À ce sujet, la
ministre a tenu à dissiper toute ambiguïté : « Il ne s'agit pas de dons, mais
de prêts remboursables. » Elle a notamment mis en avant le dispositif Colissa,
destiné aux petites commerçantes et aux jeunes évoluant dans le secteur
informel. Pour les projets de plus grande envergure, le FIGA joue un rôle de
garant auprès des établissements bancaires afin de faciliter l'octroi de
crédits.
ARTISANAT : SORTIR
DE L'INFORMEL ET VISER L'EXCELLENCE DU « MADE IN CONGO »
Le secteur de l'artisanat a fait l'objet d'une attention
particulière au cours de cette première phase de terrain. Si la ministre reconnaît
que les conditions de travail des agents et des artisans demeurent difficiles
et nécessitent une modernisation urgente, elle s’est félicitée de la bonne
tenue de la 12ème Conférence des ministres du CODEPA (Organisation pour le
développement et la promotion de l’artisanat africain), marquée par la
transmission de la présidence tournante au Mali. L’enjeu majeur est désormais
de favoriser la montée en gamme des productions artisanales grâce à la
formation continue.
En s’inspirant notamment du partenariat développé avec le Maroc,
le ministère entend renforcer la formation de formateurs, avec un objectif
d'une dizaine par an et par filière, dans des métiers tels que la maroquinerie,
la cordonnerie ou encore d'autres filières porteuses.
UNE VITRINE
PERMANENTE POUR VALORISER LE SAVOIRFAIRE CONGOLAIS
« Mon ambition est d'offrir une véritable visibilité à notre
savoir-faire », affirme avec détermination la ministre Mboukou-Kimbatsa. «
C'est pourquoi nous avons déjà lancé les préparatifs de la troisième édition de
la Foire internationale du Congo sur l'artisanat. Mais nous voulons aller plus
loin en mettant en valeur le Village de l'artisanat, idéalement situé aux
abords du stade Massamba-Débat, au coeur de Brazzaville. Nous voulons enfin
offrir à nos créateurs locaux la vitrine permanente qu'ils méritent. »
CAP SUR LES 150
JOURS : PASSER A L'ACCELERATION
Sans dévoiler prématurément les prochaines mesures, la ministre a
donné rendez-vous à l'échéance des 150 jours afin de présenter les premiers
résultats concrets des réformes engagées. Alors que les travaux de finalisation
de la Politique nationale des PME et de l'Artisanat ainsi que de son plan
d'action arrivent à leur terme, le cap est désormais clairement fixé : passer
de la phase d'observation à celle de l'accélération. « Le Président de la
République, Son Excellence, Monsieur Denis Sassou N’Guesso attend de nous une
accélération du développement.
Après ces cent jours consacrés à l'appropriation du secteur, notre
rôle est désormais de donner un nouvel élan à nos entrepreneurs. J'invite tous
les Congolais à consommer local et à acheter avec fierté les produits de notre
artisanat », a conclu la ministre Irène Marie Cécile Mboukou-Kimbatsa.
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