GESTIONS DES DÉCHETS BIOMÉDICAUX LE GRAND COUP DE BALAI SUR LES DÉCHETS BIOMÉDICAUX AU CONGO !
Grâce à un partenariat stratégique
entre le ministère de la Santé et de la Population, le Programme des Nations
unies pour le développement (PNUD) et le Fonds mondial, la République du Congo
franchit une étape décisive dans la gestion des déchets biomédicaux. Le pays s'équipe
d'incinérateurs de haute technologie destinés à éliminer ces déchets en toute
sécurité. Au total, douze hôpitaux répartis dans sept départements seront dotés
d'équipements modernes garantissant un traitement sécurisé des déchets
biomédicaux.
À Brazzaville, quatre des plus
importantes structures sanitaires ont officiellement réceptionné leurs nouveaux
incinérateurs, mettant ainsi fin aux pannes à répétition qui compromettaient
leur fonctionnement. Les premiers bénéficiaires sont le Centre hospitalier et
universitaire de Brazzaville (CHU-B), l'Hôpital spécialisé mère-enfant
Blanche-Gomes, le Laboratoire national de santé publique (LNSP) et l'Hôpital
central des armées Pierre-Mobengo. À Pointe-Noire, les hôpitaux de Loandjili et
Adolphe-Sicé ont également été équipés. Le déploiement se poursuit à Oyo et
Owando (Cuvette), Djambala (Plateaux), Impfondo (Likouala) et Ouesso (Sangha).
DES ÉQUIPEMENTS DE POINTE
ADAPTÉS
AUX BESOINS
Pour conduire cette modernisation, la société sud-africaine
Macrotec a été retenue. Son intervention ne s'est pas limitée à la fourniture
des équipements : elle a également assuré la construction de fosses à cendres
sécurisées ainsi que l'installation de cuves de stockage de 2 500 litres sur chaque
site. Les incinérateurs ont été dimensionnés en fonction des besoins des
établissements. Les modèles V50, de grande capacité, ont été installés au CHU-B
et à l'hôpital Blanche-Gomes afin de traiter d'importants volumes de déchets.
Les modèles V32, plus compacts, répondent aux besoins du LNSP et de l'Hôpital
central des armées Pierre-Mobengo.
UN SOULAGEMENT POUR
LES ÉTABLISSEMENTS
DE SANTÉ
« Nous ne pouvons que nous réjouir de ce geste. Nous remercions sincèrement
le ministre de la Santé et de la Population, qui a oeuvré pour que ces
incinérateurs soient mis à notre disposition dans les meilleurs délais afin de
pallier nos insuffisances. Nous nous engageons à en faire un excellent usage »,
a déclaré le directeur général du Laboratoire national de santé publique, le Pr
Roch Flabien Niama. À l'Hôpital spécialisé mère-enfant Blanche-Gomes, le
directeur de la logistique et du patrimoine, Éric Moka, a également salué
l'appui du Fonds mondial et du ministère de la Santé.
Jusqu'à présent, son établissement devait traiter non seulement
ses propres déchets biomédicaux, mais aussi ceux du CHU de Brazzaville. À
l'Hôpital central des armées Pierre-Mobengo, le médecin-chef, le colonel-major Jean
Bertin Illoye, a souligné que cette nouvelle installation permettra de relancer
l'activité d'incinération, l'ancien équipement étant tombé en panne depuis
plusieurs mois.
UNE DYNAMIQUE NATIONALE APPELÉE À S'ÉTENDRE
Le directeur de l'Hygiène et de la Promotion de la santé, le Dr
Jean-Claude Emeka, s'est félicité de voir ces quatre établissements devenir
autonomes dans le traitement de leurs déchets biomédicaux. Il a toutefois
précisé que ces équipements pourront également servir d'autres formations
sanitaires en cas de besoin. « Au total, douze incinérateurs ont été acquis.
Les utilisateurs ont été formés et la phase de rodage est désormais terminée.
Au nom du ministre de la Santé et de la Population, qui a fait de
ce dossier une priorité, nous remercions chaleureusement le Fonds mondial et le
PNUD pour la réussite de ce projet. Nous espérons désormais que la gestion des
déchets biomédicaux sera pleinement sécurisée et que cette dynamique s'étendra
rapidement aux autres départements », a indiqué le Dr Jean-Claude Emeka. Pour
le coordonnateur des projets du Fonds mondial au PNUD, Hugues Traoré, cette
dotation constitue une avancée majeure. « Le PNUD et le Fonds mondial sont
fiers d'avoir accompagné le ministère de la Santé et de la Population dans la
concrétisation de ce projet. Nous sommes convaincus qu'il permettra de soulager
les équipes hospitalières et de renforcer durablement leurs capacités techniques.
C'est un réel plaisir de remettre ces équipements aux établissements bénéficiaires
», a-t-il déclaré, avant d'inviter les responsables des hôpitaux à en faire un
usage rigoureux.
POURQUOI UNE TELLE URGENCE ?
La gestion des déchets biomédicaux - seringues, aiguilles,
compresses, cotons, tissus contaminés ou déchets anatomiques - demeure un défi majeur
en Afrique, notamment en République du Congo. Selon l'Organisation mondiale de
la Santé (OMS), près de 85 % des déchets produits par les établissements de
santé sont sans danger. En revanche, les 15 % restants présentent des risques
infectieux, chimiques ou radioactifs et nécessitent un traitement spécifique.
Lorsque ces déchets sont mal éliminés, ils favorisent la transmission
d'infections graves telles que le VIH et les hépatites B et C, tout en
augmentant les risques d'infections nosocomiales chez les patients comme chez
les professionnels de santé. Le brûlage à ciel ouvert ou l'enfouissement non
contrôlé entraîne également une pollution de l'air, des sols et des nappes
phréatiques, avec des conséquences importantes pour les populations riveraines.
L'augmentation constante des activités de soins, des campagnes de vaccination
et des interventions médicales accroît chaque année le volume de déchets
biomédicaux produits. Or, de nombreux établissements restent confrontés à un
manque d'équipements de tri, de collecte et de traitement conformes aux normes
internationales. C'est dans ce contexte que l'appui du PNUD et du Fonds mondial
au ministère de la Santé prend tout son sens. En dotant une douzaine d'hôpitaux
d'incinérateurs modernes, ces partenaires contribuent à renforcer durablement
la sécurité sanitaire, à protéger les professionnels de santé, les patients et
l'environnement, tout en améliorant la qualité globale du système de santé
congolais.
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