FORMER, EQUIPER, TRANSFORMER : LES INVESTISSEMENTS QUI PREPARENT LA SANTE DE DEMAIN
Au-delà des médicaments et des
campagnes de prévention, la lutte contre le VIH et la tuberculose a permis de
bâtir un héritage plus durable : un système de santé plus compétent, mieux
équipé et davantage résilient.
En République du Congo, les
investissements réalisés grâce aux financements internationaux, notamment ceux
du Fonds mondial mis en œuvre avec l'appui du PNUD, ont laissé des acquis qui
continueront de produire leurs effets pendant de nombreuses années, améliorant
directement le bien-être des populations, particulièrement celles qui sont en situation de fragilité
économique.
MISER SUR LES
COMPETENCES POUR RENFORCER
DURABLEMENT LE
SYSTEME DE SANTE
La
première richesse d'un système de santé demeure son capital humain. Former les
professionnels de santé, les gestionnaires de programmes et les acteurs communautaires
revient à investir dans une ressource qui continuera à produire des bénéfices
bien après la fin des financements. Ainsi, entre 2023 et 2024, 80
professionnels ont bénéficié d'une formation spécialisée en suivi-évaluation et
en gestion de projet. Ces cadres assurent désormais le pilotage des programmes
de santé à travers leurs propres outils de suivi de performance.
Cette
montée en compétence réduit progressivement la dépendance vis-à-vis de
l'assistance technique internationale et favorise l'émergence d'une expertise nationale
capable de transmettre son savoir aux générations futures.
Le
renforcement des capacités a également concerné les ressources humaines en
santé et les communautés. Entre 2024 et 2025, un total de 3 554 personnes
ont été formées sur le VIH, la tuberculose, les droits humains et le suivi communautaire,
dont 67% de femmes. Il serait toutefois utile de préciser la répartition de ces
bénéficiaires par catégorie professionnelle, notamment en indiquant s'il s'agit
de médecins, infirmiers, biologistes, pharmaciens, techniciens de laboratoire,
agents de santé communautaires ou d'autres profils. Répartis dans les quinze
départements du pays, ces professionnels et acteurs communautaires jouent
aujourd'hui un rôle essentiel de relais entre les populations et les services
de santé. Ils orientent les personnes vers le dépistage, favorisent
l'observance thérapeutique, renforcent les activités de prévention et
contribuent à réduire les préjugés entourant le VIH et la tuberculose. Par
effet de diffusion, les compétences acquises continueront de bénéficier à
plusieurs dizaines de milliers de personnes au cours des prochaines années.
L'amélioration
de la qualité des soins est également passée par la prévention des infections.
Ainsi entre 2024 à 2025, 1 499 agents de santé ont été formés aux pratiques de
prévention et de contrôle des infections. Au-delà de la prise en charge du VIH
et de la tuberculose, ces compétences renforcent la sécurité des soins dans
l'ensemble des établissements de santé. Chaque professionnel formé devient à son
tour un formateur potentiel auprès de ses collègues, favorisant une diffusion
progressive des bonnes pratiques dans tout le système sanitaire. Les compétences
acquises restent disponibles pour répondre à d'autres priorités sanitaires dans
le pays. Parallèlement, trois experts spécialisés ont été déployés auprès du
Programme national de lutte contre le VIH, du Programme national de lutte
contre la tuberculose et du réseau national des laboratoires. L'objectif
n'était pas de remplacer les équipes nationales, mais de faire du coaching, en
vue de transférer durablement des compétences afin de consolider l'autonomie
technique du pays.
Ainsi, entre 2023 et 2024, 80 professionnels ont bénéficié d'une
formation spécialisée en suivi évaluation et en gestion de projet.
DES INFRASTRUCTURES QUI PROFITENT A L'ENSEMBLE
DES PROGRAMMES DE SANTE
Les
investissements réalisés ne se limitent pas aux ressources humaines. Ils
concernent également des infrastructures qui continueront à servir bien au-delà
des programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose. La construction en
2024, d’un entrepôt au niveau de la Centrale d'achat des médicaments essentiels
(CAMEPS) constitue un exemple emblématique. Cet édifice qui répond aux normes
et aux standards de santé internationaux s’étale sur une surface de 700 m2,
avec un volume de stockage de près de 3.500 m3, contribuant à augmenter de moitié
la capacité nationale de stockage jusqu’ici en place. La centrale nouvellement
construite est constituée d’un entrepôt, d’une chambre frigorifique et d’un
local technique.
Cet
ouvrage qu’il a été conçu comme un outil intelligent, SMART comme on dit, qui
respecte les normes environnementales, et offrant une fonctionnalité avec une
empreinte carbonique réduite, qui repose partiellement sur une énergie
renouvelable. Cette nouvelle capacité de stockage améliore durablement la
disponibilité des médicaments, des vaccins et des produits de santé essentiels,
réduisant ainsi les risques de rupture d'approvisionnement sur l'ensemble du
territoire.
La construction en 2024, d’un entrepôt au niveau de la Centrale
d'achat des médicaments essentiels (CAMEPS) constitue un exemple emblématique.
En
outre dans le cadre de la disponibilité des produits aux derniers kilomètres,
30 entrepôts de district ont été réhabilités et ou construits dans l’ensemble
des départements du pays entre 2023 et 2026.
Ces
plateformes logistiques facilitent désormais la distribution des médicaments
jusque dans les zones les plus éloignées. Les bénéfices dépassent largement les
programmes financés par le Fonds mondial et concernent également la lutte
contre le paludisme, la santé maternelle et infantile, la vaccination ainsi que
la prise en charge des maladies chroniques. Le plateau technique relatif à la
gestion des déchets biomédicaux ainsi qu’à la Prévention Contrôle des
Infections a également été renforcée avec l'installation de 12 incinérateurs
répartis dans sept (07) départements, ainsi que la dotation en camions
frigorifique pour le transport des échantillons et des déchets. Ces équipements
permettent une élimination sécurisée des déchets biomédicaux, réduisant les
risques de contamination pour les personnels de santé, les patients et les
populations riveraines.
Leur
durée de vie, estimée à plus de quinze ans, garantit un impact durable sur la
qualité des soins. Il faut savoir que la disponibilité d’un incinérateur de
déchets biomédicaux fait partie des critères qui confèrent l’échelle
d’Hôpital..
Autre
avancée majeure : la modernisation de la chaîne d'approvisionnement en
médicaments et consommables grâce au déploiement progressif d'un système
intégré de gestion (SIGL). À terme, cet outil permettra un suivi en temps réel
des stocks de médicaments et de produits de santé, améliorant la transparence,
la traçabilité et la réactivité de l'ensemble du système de distribution.
Le
renforcement des capacités diagnostiques constitue également un acquis majeur.
La construction du Laboratoire national de mycobactériologie de niveau P3 et
l'opérationnalisation de la cartographie nationale des plateformes GeneXpert
(46 au total) ont considérablement amélioré le diagnostic de la tuberculose, le
VIH/SIDA ainsi que les Hépatites virales, la maladie à MPOX et la Maladie à
Virus Ebola. Ces équipements représentent désormais un atout stratégique pour
la surveillance d'autres maladies infectieuses émergentes, renforçant ainsi la
préparation du pays face aux futures crises sanitaires. Enfin, l'acquisition et
la mise en disposition au ministère de la Santé et de la population du Congo de
huit (08) véhicules tout-terrain et d'un camion logistique a amélioré les
capacités de supervision et de distribution des produits de santé. Cette
mobilité accrue facilite l'accompagnement des structures sanitaires rurales et
garantit un meilleur accès aux médicaments dans les communautés les plus
isolées.
L’amélioration
des systèmes de stockage et de transport et les équipements
informatiques favorisant la digitalisation des données de santé ont largement
contribué à la modernisation des infrastructures et équipements sanitaires,
leur permettant de répondre plus efficacement à de nombreuses pathologies
autres que le VIH et la tuberculose.
UN HERITAGE QUI
DEPASSE LES PROGRAMMES FINANCES
L'ensemble de ces investissements illustre une évolution majeure
de l'approche du développement sanitaire. Au-delà de la réponse aux urgences,
ils participent à la construction d'un système de santé plus robuste,
résilient, capable de répondre durablement aux besoins des populations et
pérenne. Les infrastructures demeureront opérationnelles pendant de nombreuses
années, les professionnels formés continueront de transmettre leurs
compétences, tandis que les innovations organisationnelles renforceront
progressivement la gouvernance sanitaire.
Ainsi, les bénéfices de ces investissements dépasseront largement
le cadre des programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose pour
contribuer, à long terme, à l’amélioration des soins et services de santé dans
les quinze départements de la République du Congo.
Les investissements consentis dans la réponse nationale au VIH et
à la tuberculose n'ont pas seulement permis de sauver des vies ; ils ont
également renforcé les fondations du système de santé. En développant les compétences des professionnels, en modernisant les
infrastructures, en consolidant la gouvernance et en mobilisant les communautés,
les financements ont créé des capacités durables qui bénéficieront à l'ensemble
de la population et permettront de mieux répondre aux défis sanitaires. Cette
vision illustre pleinement l'ambition du PNUD et de ses partenaires : faire de
chaque investissement dans une maladie un levier de transformation pour tout le
système de santé.
En outre dans le cadre de la disponibilité des produits
aux derniers kilomètres, 30 entrepôts de district ont été réhabilités et ou
construits dans l’ensemble des départements du pays entre 2023 et 2026
Projection à long terme :
5053 personnels de santé formés, ce que le capital humain construit aujourd'hui
protège demain
Les 3 554 personnes
formées, les 1 499 agents de santé certifiés en prévention des infections, les
80 gestionnaires de projet formés : cette génération de professionnels formés
dans le cadre de ces subventions va travailler pendant 20 à 30 ans dans le
système de santé congolais. Chacun d'eux va former, superviser et influencer
d'autres professionnels.
Projection : si chaque professionnel
formé en influence 5 autres dans sa carrière, c'est plus de 25 000 agents de
santé qui bénéficieront indirectement de ces investissements en formation d'ici
2040. Ce sont des millions de consultations de meilleure qualité, dans tous les
départements du Congo — une valeur ajoutée sanitaire qui dépasse largement le
coût de la formation initiale.
De la même façon, les
infrastructures construites — entrepôts, laboratoires, incinérateurs — ont des
durées de vie de 15 à 25 ans. Elles serviront des patients qui ne sont pas
encore nés. C'est cela, l'investissement en développement humain : construire
aujourd'hui ce qui protège les générations suivantes.
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