ET SI LES FEMMES DE SCIENCE PRENAIENT (ENFIN) LE POUVOIR ?
Et, s’il cessait d’être un espace de rapports de force pour devenir un lieu de décisions fondées sur la preuve, l’éthique et le long terme ? Dans un monde secoué par les pandémies, les crises climatiques, la malnutrition, les inégalités d’accès aux soins, une évidence s’impose : les femmes de science ne sont plus une option, elles sont une urgence.
Et si le pouvoir changeait enfin de mains… et de méthode
?
Partout dans le monde, elles sont là. Dans les laboratoires, les hôpitaux, les universités, les ONG, les zones de crise. Elles observent, mesurent, documentent, soignent, alertent. Elles détiennent le savoir. Pourtant, lorsqu’il s’agit de décider, de signer, d’orienter les politiques publiques de santé, leurs voix restent trop souvent reléguées à l’arrière-plan.
Le
paradoxe est frappant : alors que les femmes représentent une part majeure du
personnel de santé et de la recherche biomédicale, elles demeurent
sous-représentées dans les instances de pouvoir où se décident les priorités
sanitaires, les budgets, les stratégies nationales et internationales.
Si les femmes de science prenaient enfin le pouvoir, que
changerait-il réellement ?
Probablement beaucoup.
La
santé ne serait plus pensée à partir d’un modèle unique, mais dans toute sa
diversité biologique, sociale et culturelle. Les maladies féminines longtemps
négligées cesseraient d’être invisibles. La santé maternelle, mentale,
reproductive, environnementale deviendrait centrale, et non périphérique. Les
politiques de prévention primeraient sur la seule gestion des urgences. Le soin
ne serait plus vu comme un coût, mais comme un investissement stratégique.
Les
femmes scientifiques ont ceci de particulier : elles travaillent dans la durée.
Elles savent que le vivant ne se gouverne pas par slogans, mais par patience,
rigueur et humilité. Là où certains promettent des miracles, elles posent des
hypothèses. Là où d’autres improvisent, elles testent, évaluent, corrigent.
Il
ne s’agit pas d’opposer femmes et hommes, mais de reconnaître une réalité trop
longtemps ignorée : le pouvoir en santé a besoin de compétences, pas de
postures. Et ces compétences existent déjà, massivement, chez des femmes que
l’on consulte… sans leur confier les clés.
La santé ne serait plus pensée à partir d’un modèle unique,
mais dans toute sa diversité biologique, sociale et culturelle.
Donner
le pouvoir aux femmes de science, ce n’est pas faire un geste symbolique ou
militant. C’est accepter que, face aux défis sanitaires du XXI ème siècle,
l’ignorance coûte plus cher que l’égalité. C’est comprendre que la science sans
pouvoir est impuissante, et que le pouvoir sans science est dangereux.
La question n’est donc plus si les femmes de science doivent
accéder au pouvoir.
La vraie question est : qu’attendons-nous encore, alors que la
santé du monde est en jeu ?
Aucun commentaire pour le moment.