ENCADRE L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest
L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest
L’épidémie
d’Ebola en Afrique de l’Ouest a débuté en décembre 2013 dans le village de
Meliandou en Guinée, lorsqu’un enfant de deux ans est infecté après avoir joué
dans un arbre abritant des chauves-souris. Le virus se propage rapidement à sa
famille puis au personnel de santé, mais les premiers cas sont mal identifiés :
les autorités suspectent d’abord le choléra, retardant la détection du virus
Ebola.
Entre
janvier et mars 2014, la maladie se diffuse silencieusement dans le sud-est de
la Guinée, puis atteint Gueckédou, Macenta, Nzérékoré et Kissidougou. En mars,
le laboratoire de Lyon confirme qu’il s’agit d’une nouvelle souche de
l’Ebolavirus Zaïre. Le 23 mars 2014, l’OMS déclare officiellement l’épidémie :
on compte déjà 49 cas et 29 décès. La situation s’aggrave, amplifiée par la
méfiance de la population, des attaques contre les humanitaires et des
mouvements de population qui réactivent la transmission dans les zones
stabilisées.
Libéria
Le
virus franchit la frontière le 30 mars 2014. À Monrovia, l’épidémie explose en
raison d’un système de santé très fragile et de l’absence d’équipements de
protection. De nombreux soignants sont infectés. Sous l’impulsion de la
présidente du pays, des mesures strictes sont prises : crémation obligatoire,
quarantaines, limitation des déplacements. Avec le soutien international, des
centres de traitement et laboratoires mobiles sont installés. Dès fin 2014, la
situation commence à s’améliorer à Monrovia, mais le virus continue de circuler
dans les zones rurales.
Sierra
Leone
L’épidémie
démarre en mai 2014, lors des funérailles d’une guérisseuse. Les districts de
Kailahun et Kenema deviennent des épicentres, aggravés par des hôpitaux
vétustes et un manque de protection pour les soignants. Médecins Sans
Frontières ouvre des centres de traitement, rapidement débordés. La méfiance de
la population et les failles dans la surveillance épidémiologique favorisent la
propagation. À partir de septembre, le virus s’étend à la capitale Freetown,
avec des centaines de nouveaux cas chaque semaine. L’OMS met en place des
centres de soins communautaires et l’opération Western Area Surge, qui rétablit
la confiance et améliore la notification des cas.
Propagation
régionale
Quelques
cas surviennent également au Nigéria, au Mali et au Sénégal, généralement
maîtrisés rapidement. Au 7 janvier 2015, plus de 20 000 cas et 8 000 décès sont
enregistrés dans les trois pays majeurs touchés. Grâce aux actions combinées de
l’OMS, des États concernés et de l’aide internationale (isolement, traçage des
contacts, centres de traitement, renforcement du diagnostic), la transmission
recule progressivement. Le 30 mars 2016, l’OMS déclare la fin de l’épidémie,
même si quelques cas sporadiques persistent en raison de la survie prolongée du
virus dans les liquides corporels de certains survivants, notamment dans le
sperme.
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