DOMINIQUE TCHIMBAKALA INFORMER POUR ECLAIRER, TRANSMETTRE POUR PROTEGER.
DE LA PRESENTATION DU JOURNAL AFRIQUE A L’EDUCATION AUX MEDIAS, LA
JOURNALISTE FRANCO-CONGOLAISE POURSUIT SON COMBAT CONTRE LA DESINFORMATION
Après plus de vingt-cinq années consacrées au journalisme et
quinze ans passés au sein de TV5 Monde, Dominique Tchimbakala a choisi d’ouvrir
un nouveau chapitre de sa carrière. Figure emblématique du « Journal Afrique »,
elle a quitté l’antenne en février 2025 pour se consacrer à une mission qui lui
tient particulièrement à coeur : l’éducation aux médias. Pour cette journaliste
franco congolaise, l’information n’est pas seulement un métier ; elle est un
outil de compréhension du monde, un rempart contre les manipulations et un
vecteur de paix sociale.
L’INFORMATION COMME
VOCATION
Le 26 janvier 2025, à la fin de son journal de 21h30
sur TV5 Monde,
Dominique Tchimbakala a surpris de nombreux téléspectateurs en
annonçant son départ prochain de la chaîne. Quelques mots sobres, mais chargés
d’émotion, pour tourner une page importante de sa vie professionnelle. Après
quinze années de présence à l’antenne et sept années à la tête du « Journal
Afrique », la journaliste a choisi de se retirer de la présentation pour
explorer de nouveaux horizons. « C’est une longue page qui se tourne »,
a-t-elle confié en remerciant la chaîne et les millions de téléspectateurs qui
lui ont accordé leur confiance au fil des années. Pour celle qui a consacré
plus de deux décennies à informer le public, ce départ n’est pourtant pas une
rupture. Il s’inscrit dans la continuité d’un engagement profond en faveur d’une
information rigoureuse et accessible à tous.
J’ai commencé au journal de la nuit. Le métier que
j’aimais m’avait finalement rattrapée
UNE PASSION NEE
ENTRE L’EUROPE ET L’AFRIQUE
Chez Dominique Tchimbakala, la passion de l’information trouve ses
racines dans l’enfance. Née dans la région parisienne au sein d’une famille où
l’actualité occupait une place importante, elle grandit au rythme des journaux
télévisés et des débats sur la politique internationale. « Je venais d’une
famille où l’on regardait beaucoup les informations. On parlait politique,
relations internationales et grands événements mondiaux », confie-t elle. À
l’âge de dix ans, elle quitte la France pour s’installer en République du Congo
avec sa famille. Cette expérience entre deux continents façonne durablement son
regard sur le monde et nourrit sa curiosité pour les questions internationales.
Après une scolarité dans le système francophone africain, elle retourne en
France pour poursuivre ses études supérieures. Brillante élève, elle suit
d’abord des classes préparatoires littéraires avant d’obtenir une licence
d’histoire puis une maîtrise de sciences politiques à l’Université
Paris-Nanterre. Son ambition est alors de faire carrière dans les relations
internationales. Un stage à l’ambassade de France en Côte d’Ivoire va pourtant
bouleverser ses projets.
Chargée de réaliser une étude sur la démographie ivoirienne, elle
voit son travail circuler dans plusieurs administrations sans jamais en mesurer
les effets concrets. « On m’avait demandé une synthèse sur la démographie
ivoirienne. Le document a circulé dans plusieurs ministères, mais je n’ai
jamais su à quoi il avait servi. J’avais besoin de voir l’impact concret de mon
travail », explique-t-elle. Cette prise de conscience agit comme un déclic. Le
journalisme, qui l’attirait depuis longtemps, apparaît alors comme le moyen
idéal de concilier analyse, transmission du savoir et action concrète sur la
société.
Afin de se spécialiser, elle rejoint Sciences Com à Nantes, où elle
suit une formation en management des médias. Elle complète ensuite son parcours
par un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion des médias
et intègre le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes
(CFPJ) à Paris. Toujours soucieuse d’élargir ses compétences, elle obtiendra
plus tard un Executive MBA de HEC Paris, en 2021.
LES DEBUTS DANS LES
MEDIAS
C’est à Nantes que Dominique Tchimbakala découvre véritablement le
terrain journalistique. Grâce au dispositif des micro-agences mis en place par
son école, elle réalise ses premiers reportages pour Radio Fidélité et le
Centre de Communication de l’Ouest (CCO). Son sérieux,sa capacité d’analyse et
son aisance à l’antenne attirent rapidement l’attention de ses encadrants. L’un
de ses enseignants, journaliste à France 2, repère son potentiel et lui ouvre
les portes de la télévision publique française.
Elle fait alors ses premiers pas au sein de la rédaction du
journal de la nuit. « J’ai commencé au journal de la nuit. Le métier que j’aimais
m’avait finalement rattrapée », se souvient-elle avec émotion. Cette première
expérience marque le début d’une carrière riche et diversifiée. Entre 2003 et
2007, elle travaille pour France 2, aussi bien à Paris qu’en régions, où elle
développe son sens du reportage et son expertise du terrain. Curieuse et polyvalente,
elle multiplie les expériences dans différents formats médiatiques, de la télévision
à la presse écrite,en passant par la radio et les nouveaux médias numériques.
En
2007, elle rejoint l’émission Le Magazine de la Santé sur France 5. Pendant
près de sept ans, elle participe à l’un des programmes de référence de
l’audiovisuel français consacré aux questions médicales et sociétales.
Cette
expérience renforce sa maîtrise du traitement de l’information et lui permet
d’acquérir une solide expertise dans la vulgarisation de sujets complexes
destinés au grand public. Au fil des années, Dominique Tchimbakala s’impose
ainsi comme une journaliste rigoureuse, engagée et respectée, dont le parcours entre
l’Europe et l’Afrique nourrit une vision ouverte et profondément humaniste de
l’information.
Le
visage du Journal Afrique Parallèlement à ses activités sur les chaînes
publiques françaises, Dominique Tchimbakala collabore avec TV5 Monde. Une
aventure qui va profondément marquer sa carrière. En 2018, elle devient l’un
des visages incontournables du « Journal Afrique », rendez-vous quotidien suivi
par des millions de téléspectateurs à travers le monde francophone. À travers
ses journaux et ses interviews, elle s’attache à montrer une Afrique plurielle,
loin des clichés souvent véhiculés dans les médias occidentaux. «Il est
important de montrer l’Afrique telle qu’elle est réellement. L’Afrique, ce sont
54 pays, des cultures, des langues, des religions et des réalités extrêmement
diverses».
Pour
elle, réduire le continent aux crises politiques, aux conflits ou aux
catastrophes constitue une erreur majeure. « Ne réduisons pas l’Afrique aux
coups d’État et aux drames. Il faut aussi montrer ses réussites, ses
innovations, ses talents et sa créativité. Il y a encore beaucoup de préjugés à
déconstruire ». Au fil des années, elle anime également de grandes émissions
d’entretiens, notamment « Internationales », donnant la parole à des
responsables politiques, des intellectuels, des artistes et des acteurs de la
société civile qui contribuent à façonner l’avenir du continent.
UN NOUVEAU COMBAT :
L’EDUCATION AUX MEDIAS
En
quittant TV5 Monde le 7 février 2025, Dominique Tchimbakala ne s’éloigne pas de
l’information. Au contraire, elle choisit de s’attaquer à l’un des défis
majeurs de notre époque : la désinformation. À l’heure où les réseaux sociaux
amplifient la circulation de contenus trompeurs, elle entend transmettre au grand
public les outils nécessaires pour comprendre et analyser l’information. «
L’information est devenue un véritable enjeu de société. Avec de fausses
informations, on peut alimenter des tensions, créer des conflits et fragiliser
la cohésion sociale ». Particulièrement attentive aux réalités africaines, elle
souligne que le continent est aujourd’hui au coeur de nombreuses batailles
d’influence. « L’Afrique est un espace stratégique majeur. Malheureusement, la
désinformation est devenue une arme dans les luttes de pouvoir qui s’y jouent
». À travers des conférences, des formations et des contenus pédagogiques
diffusés sur les réseaux sociaux, elle explique désormais les mécanismes de
fabrication de l’information et les méthodes permettant de distinguer les faits
des manipulations. « Lorsque les citoyens comprennent comment travaillent les
journalistes, ils deviennent mieux armés pour identifier ce qui est crédible et
ce qui ne l’est pas. »
À l’heure où les réseaux sociaux amplifient la circulation de
contenus trompeurs, elle entend transmettre au grand public les outils
nécessaires pour comprendre et analyser l’information.
Une
mission au service de la paix Pour Dominique Tchimbakala, le journalisme n’a
jamais été uniquement une profession. Il s’agit avant tout d’un engagement
citoyen. Pendant vingt-cinq ans, elle a informé avec exigence et
professionnalisme. Aujourd’hui, elle poursuit cette mission sous une autre
forme, convaincue qu’une société mieux informée est une société plus libre,
plus responsable et plus apaisée. Dans un monde confronté à la prolifération
des fausses nouvelles, son combat demeure le même : défendre une information de
qualité, au service de la vérité et du vivre ensemble. « Informer, c’est
éclairer. Comprendre l’information, c’est se donner les moyens de préserver la
démocratie et la paix sociale ».
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