CINQ QUESTIONS A DIDIER BUDIMBU
Dans un contexte où
l’équipe nationale de football de la République démocratique du Congo suscitent
un nouvel élan d’espoir et de fierté nationale, les autorités sportives sont
appelées à jouer un rôle décisif dans la consolidation de cette dynamique. Entre
ambition de performance, structuration du football local et exigence de
résultats durables, le ministère en charge du sport se retrouve au cœur d’un
enjeu stratégique pour l’avenir du sport congolais.
Par Dodo Landu
1.
LE METROPOLIS : Quel rôle concret votre ministère joue-t-il dans la
professionnalisation et la stabilisation des performances des Léopards, audelà
des résultats sportifs récents ?
DIDIER BUDIMBU : Le rôle du ministère ne se limite pas à accompagner
l’équipe nationale lors des compétitions. Notre ambition est de bâtir un
véritable modèle de gouvernance sportive durable.
Nous travaillons sur plusieurs axes : l’amélioration des
conditions de préparation des athlètes, la modernisation de l’encadrement
administratif et technique, ainsi que la mise en place d’une politique sportive
cohérente à long terme.
Nous avons également renforcé la collaboration avec la
Fédération afin de professionnaliser davantage l’organisation des sélections nationales.
Les performances récentes des Léopards sont le résultat d’un travail collectif,
mais surtout d’une volonté politique claire de replacer le sport parmi les
priorités nationales.
2.
Comment l’État
congolais accompagne-t-il aujourd’hui la préparation de l’équipe nationale en
matière d’infrastructures, de logistique et de financement durable ?
L’État congolais a considérablement accru ses efforts dans
l’accompagnement des Léopards. Cela se traduit notamment par un meilleur
encadrement logistique lors des rassemblements et compétitions internationales,
mais aussi par des investissements progressifs dans les infrastructures
sportives.
Nous savons que le football moderne exige des équipements
adaptés et des centres de préparation de haut niveau. C’est pourquoi le
gouvernement travaille à la réhabilitation de plusieurs infrastructures
sportives stratégiques et à la recherche de partenariats capables de soutenir
un financement durable du sport congolais.
Notre objectif est de sortir progressivement d’une gestion
ponctuelle pour construire une économie du sport plus stable et plus
attractive.
Notre ambition est de bâtir un véritable modèle de gouvernance
sportive durable.
3.
La qualification historique des
Léopards à la Coupe du Monde 2026 est perçue comme un tournant : quelles
politiques publiques ont été décisives pour atteindre ce résultat ?
Cette qualification serait avant tout le fruit d’une vision
collective et d’un engagement national autour du football. Plusieurs décisions
ont contribué à cette dynamique : la stabilité institutionnelle autour de
l’équipe nationale, le soutien accru aux regroupements et aux matchs
internationaux, ainsi que le dialogue renforcé entre les autorités sportives et
les joueurs.
Nous avons aussi insisté sur l’importance de la discipline,
de la rigueur administrative et du respect des calendriers sportifs
internationaux. Aujourd’hui, les Léopards évoluent dans un environnement plus
structuré, ce qui permet aux talents congolais d’exprimer pleinement leur
potentiel. Cette dynamique doit maintenant servir de fondation pour les
générations futures.
4.
Quelles sont les réformes en cours
pour assurer une meilleure coordination entre le ministère, la Fédération et le
staff technique des Léopards ?
Nous avons engagé un travail de clarification des
responsabilités afin d’éviter les incompréhensions qui ont parfois fragilisé
notre football par le passé. Le ministère joue son rôle d’accompagnement
institutionnel, tandis que la Fédération conserve son autonomie technique
conformément aux règlements internationaux. L’objectif est d’instaurer un
dialogue permanent entre toutes les parties prenantes : ministère, FECOFA,
staff technique, joueurs et partenaires privés. Nous travaillons également sur
des mécanismes de suivi et d’évaluation afin d’assurer une meilleure continuité
dans les projets sportifs. La stabilité reste une condition essentielle pour
obtenir des résultats durables.
5.
Au-delà de la
performance des Léopards, comment le gouvernement comptet-il transformer cet
élan en développement structurant du football local ?
La réussite des Léopards doit devenir un levier pour tout
l’écosystème du football congolais. Nous voulons renforcer les championnats
locaux, soutenir les centres de formation et encourager l’émergence de jeunes
talents à travers le pays.
Le gouvernement réfléchit également à une stratégie nationale
de détection des jeunes joueurs, en collaboration avec les provinces, les
écoles et les académies sportives. Nous souhaitons que chaque jeune Congolais
talentueux puisse bénéficier d’un véritable parcours de formation.
Notre ambition est claire : faire du football un outil de
cohésion nationale, mais aussi un secteur créateur d’emplois, d’opportunités et
de rayonnement international pour la République démocratique du Congo
Le gouvernement réfléchit également à une stratégie nationale
de détection des jeunes joueurs, en collaboration avec les provinces, les
écoles et les académies sportives.
Et pour conclure, Monsieur le
Ministre…
Je voudrais avant tout remercier le peuple congolais pour son
soutien indéfectible envers nos Léopards. Le football est aujourd’hui bien plus
qu’un sport en République démocratique du Congo : il est un symbole d’unité,
d’espérance et de fierté nationale. Notre responsabilité collective est de
transformer cet enthousiasme populaire en un véritable projet de développement
sportif durable. Le gouvernement restera engagé aux côtés des athlètes, des
fédérations, des clubs et de toute la jeunesse congolaise afin de bâtir un
football plus fort, mieux organisé et capable de rivaliser durablement sur la
scène internationale. Les succès que nous célébrons aujourd’hui doivent devenir
les fondations des victoires de demain. Ensemble, nous pouvons écrire une
nouvelle page de l’histoire du sport congolais.
Aucun commentaire pour le moment.